La langue tahitienne risque-t-elle de se perdre malgré les cours de reo Tahiti dispensé par l'école du dimanche ?

La langue tahitienne : un combat pour la survie dans un océan d’indifférence

En Polynésie, la langue tahitienne est en péril. Malgré des efforts louables, la réalité est que les enfants préfèrent le français. Une situation qui soulève des questions profondes sur l’identité culturelle et l’avenir des langues autochtones.

Dans un monde où l’anglais et le français dominent, le reo Tahiti se débat pour exister. L’école du dimanche, bien intentionnée, semble être le dernier bastion de cette langue, mais est-elle vraiment suffisante ?

Ce qui se passe réellement

Dans une paroisse de Tahiti, la prière du matin se fait en tahitien. Les monitrices, comme Sabrina Paparai et Maruia Misra, tentent de transmettre les bases de la langue à travers la Bible. Une approche qui, bien que noble, semble être une goutte d’eau dans un océan de désintérêt. Les enfants, attirés par la langue française, peinent à s’accrocher à leur héritage linguistique. Belinda Tunutu, présidente de l’école du dimanche, souligne l’urgence de cette situation : « Les enfants ne tendent pas vers la langue tahitienne, mais plutôt vers la langue française. »

Pourquoi ça dérange

Cette réalité est révélatrice d’un problème plus vaste. La domination culturelle du français, imposée par des siècles de colonisation, a laissé des cicatrices profondes. Les parents, souvent désengagés, ne soutiennent pas l’apprentissage du tahitien, laissant les enfants naviguer dans un monde où leur langue maternelle est marginalisée. Thérèse Tamuera, monitrice, l’exprime clairement : « C’est très dur de les faire parler le tahitien maintenant. »

Ce que ça révèle

La situation de la langue tahitienne n’est pas qu’un simple problème linguistique ; elle est le reflet des luttes identitaires au sein des sociétés post-coloniales. Alors que des pays comme la Nouvelle-Zélande ou le Canada mettent en place des politiques pour protéger leurs langues autochtones, la Polynésie semble stagner. La question se pose : pourquoi ne pas anticiper les coûts d’un véritable soutien institutionnel pour préserver cette langue ?

Lecture satirique

Il est ironique de constater que la Bible, symbole de colonisation pour certains, sert aujourd’hui de manuel d’apprentissage pour une langue en danger. Les enfants apprennent les prénoms de Noé et d’Abraham, mais peinent à formuler des phrases simples. Une pédagogie qui semble plus adaptée à un musée qu’à une salle de classe vivante. Si l’on devait « comparer » cette méthode à une autre, on pourrait dire qu’apprendre à nager en regardant des vidéos de plongeons ne fera pas de vous un champion olympique.

À quoi s’attendre

Sans un engagement véritable des autorités et des parents, la langue tahitienne risque de devenir une relique, un souvenir d’un temps révolu. Les cours de l’école du dimanche, bien qu’essentiels, ne suffisent pas. Les enfants doivent être plongés dans un environnement où le tahitien est vivant et vibrant. Pour cela, il est crucial de réserver des ressources, des initiatives et un soutien communautaire. Sinon, nous pourrions bien être témoins d’une extinction linguistique qui ne fera qu’ajouter une autre page à l’histoire des cultures disparues.

Sources

Source officielle

La langue tahitienne risque-t-elle de se perdre malgré les cours de reo Tahiti dispensé par l'école du dimanche ?
Source : la1ere.franceinfo.fr
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