
Un trafic international de civelles sanctionné par la justice
Dix-sept personnes ont comparu en janvier dernier pour avoir participé à un trafic de civelles vers l’Asie, alors que ces alevins d’anguille sont gravement menacés de disparition. Le jugement a été rendu le 4 mai à Bordeaux, déclarant tous les prévenus coupables. Le principal responsable du réseau a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt. France Nature Environnement, partie civile, a vu son préjudice réparé.
Un trafic d’une tonne de civelles estimé à un butin de plus d’un million d’euros
Entre mars et mai 2019, ce réseau international a transporté près d’une tonne de civelles, avec un butin estimé à plus d’un million d’euros. Les dix-sept personnes reconnues coupables ont participé à un réseau de trafic d’espèces menacées reliant le Portugal, la France, la Chine et le Vietnam. Lors de l’interpellation du premier trafiquant en France, les gendarmes ont découvert 68 kg de civelles dans un taxi portugais. Une enquête approfondie a permis de démanteler l’ensemble du réseau.
Les « mules », rémunérées environ 1 000 euros par voyage, avaient pour mission de transporter les civelles vers l’Asie, où chaque kilo se vend entre 1 500 et 4 000 euros. L’anguille est classée comme étant en danger critique d’extinction par l’UICN.
Les peines prononcées incluent des emprisonnements fermes ou avec sursis, certaines étant exécutées sous surveillance électronique à domicile.
Un trafic aux conséquences graves pour l’espèce
Les larves d’anguilles, après leur naissance dans le nord de l’océan Atlantique, migrent vers les côtes européennes, notamment dans le sud-ouest de la France. À l’état de civelles, elles remontent les cours d’eau pour se développer avant de retourner dans l’océan Atlantique pour se reproduire une fois dans leur vie.
La population d’anguilles dans les eaux françaises a chuté de 75 % en 30 ans. Selon Anne Roques, juriste de France Nature Environnement, ce trafic représente une menace significative pour la survie de l’espèce, en plus de la pêche légale, des obstacles dans les cours d’eau, et des polluants. Au total, les dommages et intérêts à verser aux parties civiles s’élèvent à 552 000 euros, dont 450 000 euros pour préjudice écologique.
Source : France Nature Environnement




