Le tour de magie de la junte birmane - L’Asie en mouvement

Transformation de la dictature militaire en Birmanie : un gouvernement d’apparence civile

Cette semaine, la Birmanie, avec ses 55 millions d’habitants, témoigne d’une transformation de sa dictature militaire en un gouvernement qui se veut civil. Cependant, la guerre civile, déclenchée par le coup d’État violent de 2021, continue de ravager le pays. L’opposition démocratique est largement emprisonnée, les combats persistent dans de nombreuses régions, et l’armée maintient un contrôle strict sur les grandes villes. Malgré cette situation, les ministres des Affaires étrangères de Chine et de Thaïlande sont en visite en Birmanie.

Le général Min Aung Hlaing, leader de la junte, a été officiellement nommé président le 3 avril 2023. Son objectif est de voir sa légitimité reconnue sur la scène internationale. Ses alliés traditionnels, la Chine et la Thaïlande, soutiennent cette démarche, amorçant ainsi la fin de l’isolement de la junte, qui avait été mise à l’écart après le coup d’État.

À la suite de la prise de pouvoir du général Min Aung Hlaing, le 1er février 2021, un gouvernement démocratiquement élu, dirigé par Aung San Suu Kyi, a été renversé. Cette dernière, prix Nobel de la paix 1991, ainsi que de nombreux opposants, ont été emprisonnés. Selon l’Association d’assistance aux prisonniers politiques, la junte aurait fait 31 000 prisonniers politiques. Les manifestations qui ont suivi le coup d’État ont été réprimées avec violence, entraînant une guerre civile.

L’ONG ACLED estime qu’au moins 96 000 personnes ont perdu la vie en cinq ans dans ce conflit. Le général Min Aung Hlaing, actuellement en position de force, a récemment proposé un plan de paix, qui a été largement rejeté par les groupes rebelles. En 2023, la situation était marquée par des avancées significatives des armées ethniques proches de la frontière chinoise, tandis que l’armée manquait de ressources humaines.

La Chine, préoccupée par l’instabilité chez son voisin riche en ressources, a choisi d’intervenir. En soutenant l’armée birmane et en exerçant son influence sur les groupes ethniques, elle a permis à la junte de regagner du terrain. Des élections, considérées comme une mascarade, ont eu lieu en décembre 2025 et janvier 2026, où la junte et son parti, l’USDP, ont obtenu 86 % des sièges à l’Assemblée.

Le général Min Aung Hlaing a annoncé l’amnistie pour plus de 4 000 condamnés, dont l’ancien président Win Myint, dans une tentative de rétablir la junte sur la scène internationale. Malgré les critiques de l’Union européenne et des États-Unis, le soutien de la Chine et de la Russie demeure plus significatif. Certains craignent que les États-Unis n’engagent un dialogue avec la junte pour contrer l’influence chinoise.

Source : RFI

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