La France face à une dénatalité croissante : enjeux démographiques et économiques en 2023.
Dénatalité en France : La situation alarmante et les propositions d’Oscar Bockel
Le 16 janvier 2024, le président Emmanuel Macron a appelé à un « réarmement démographique » en France, un terme qui a suscité des critiques et des débats sur l’instrumentalisation de la natalité. Deux ans plus tard, la situation s’est aggravée : en 2025, 643 905 enfants sont nés en France, soit une baisse de 24 % par rapport à 2010. L’indicateur conjoncturel de fécondité a chuté à 1,56 enfant par femme, et pour la première fois depuis 1945, le solde naturel est devenu négatif.
Dans ce contexte, Oscar Bockel, haut fonctionnaire et diplomate, publie La Bombe de la dénatalité. Son ouvrage aborde la natalité comme un « fait social total », reliant intimement les dimensions culturelle, économique et géopolitique. Il s’appuie sur une vaste documentation pour explorer la profondeur historique et anthropologique du phénomène, dépassant ainsi les simples statistiques.
Bockel renverse l’idée selon laquelle la surpopulation serait le principal danger, soulignant que la dépopulation est désormais le véritable péril. De 5,3 enfants par femme en 1963, la fécondité mondiale a chuté à environ 2,2 en 2025. Il estime que la fécondité mondiale aurait déjà passé le seuil de remplacement en 2024, avec un pic démographique prévu pour les années 2060.
Ce phénomène n’est pas limité à l’Occident. La fécondité dans l’Union européenne a baissé à 1,34 enfant par femme, et la Corée du Sud est tombée à 0,8. Même l’Afrique, qui représente plus de 30 % des naissances mondiales, connaît une transition rapide. En France, la fécondité métropolitaine a diminué de 2,02 en 2010 à environ 1,53 en 2025.
Les conséquences de cette dénatalité sont préoccupantes. Un pays moins peuplé devient plus vieux et moins dynamique, ce qui complique sa gouvernance. En France, un écart de fécondité de 0,4 point pourrait aggraver le déficit des retraites de plus de 40 milliards d’euros par an. De plus, le vieillissement démographique pourrait réduire le PIB par habitant de 14 points d’ici 2050.
Bockel s’attaque également aux idées reçues, notamment celle selon laquelle moins d’enfants signifierait une planète mieux préservée. Il argue qu’une société vieillissante sera moins capable de financer la décarbonation et d’affronter les défis écologiques. Il souligne que l’immigration ne peut pas résoudre durablement le problème du vieillissement.
L’auteur analyse les causes de cette crise démographique, distinguant entre une première transition qui a réduit le nombre d’enfants par mère et une seconde marquée par un renoncement croissant à la parentalité. Le désir d’enfants reste élevé en France, à 2,27 en 2023, mais la fécondité réalisée est de 1,56 en 2025.
Pour contrer cette tendance, Bockel propose un ensemble de mes, dont une prime non imposable de 40 000 euros pour le troisième enfant, 200 000 places d’accueil en cinq ans et une meilleure information sur la fertilité. Estimant que ces mes pourraient générer 60 000 à 80 000 naissances supplémentaires, il souligne l’importance d’une politique familiale proactive.
La question démographique est cruciale pour l’avenir des sociétés, aux côtés des défis liés à l’intelligence artificielle et à l’écologie. La Bombe de la dénatalité offre une base pour un débat nécessaire sur la natalité en France.
Source : La Bombe de la dénatalité, Oscar Bockel.
