La dette française : un cadeau aux riches, pendant que le peuple paie la note !
🔴📝 Qui fait augmenter toute seule la charge de la dette à prix fou ? Peut-être les plus attentifs d’entre vous se souviennent-ils d’un moment de mon discours à propos de la dette à la Fête de l’Humanité. Je décrivais un instrument financier particulièrement stupide dont raffole le gouvernement. Je l’avais appelé « échelle mobile du capital ». En effet, à ce moment-là, je plaidais au contraire pour l’échelle mobile des salaires. Ce système consiste à ajuster, à intervalles réguliers, les salaires sur l’augmentation des prix pour effacer l’effet « grignotage » de la hausse des prix sur le pouvoir d’achat du salaire. Il a existé en France de 1952 à 1983. Il existe en Belgique. Aussitôt avait résonné le chœur des chiens de garde hurlant à la mort sur « le coût de cette me ». J’avais donc alerté sur l’hypocrisie de ces protestations. Car, pendant le même temps, le gouvernement applique une « échelle mobile » en faveur des revenus du capital. C’est le rôle de certains titres de dette (obligations à terme indexées). Acronyme : OATi. Indexées sur quoi ? Indexées sur l’inflation. Si l’inflation augmente, les intérêts payés augmentent à leur tour automatiquement. Et, dans certains cas, la valeur du capital emprunté aussi. C’est ce que l’on peut appeler l’échelle mobile pour le capital. Le mécanisme que le gouvernement refuse pour les salaires. Trop belle la vie pour le fric des importants ! Qui paie ? Tout le monde. Ceux qui paient des impôts sur le revenu comme ceux qui paient « seulement » la TVA. Maintenant, voyons la suite. La dette augmente toute seule. Pas besoin de dépenser davantage pour ça. Car le gouvernement ne paie jamais la dette. Quand un titre arrive « à maturité », c’est-à-dire quand il faut rembourser la somme empruntée (en moyenne tous les huit ans), il emprunte la somme pour rembourser. La dette est donc perpétuelle. On dit qu’elle « roule ». Mais la dette qui n’est pas « indexée » vous coûte moins cher, parce que l’inflation l’aura « rongée » elle aussi. Si les taux d’intérêt augmentent, évidemment, vous payez plus cher. En ce moment, les taux d’intérêt sont à 4 % en moyenne dans le monde. C’est un record. Donc, pour rembourser les dettes, la charge à payer va augmenter toute seule de 4 % pour les nouveaux titres de dette. Rude ! Mais d’autres années, ça baisse. Il y a même des bonnes années où les taux d’intérêt sont plus bas que l’inflation. Là, c’est le moment de s’endetter ! Car dans ce cas, c’est le prêteur qui y perd ! Cela a été le cas à plusieurs reprises les années passées. Génial yo-yo. Mais le danger reste intact : ce sont les « marchés financiers », c’est-à-dire les spéculateurs, qui décident combien ils prennent au peuple des contribuables de chaque pays. C’est un impôt privé. Et là dessus arrivent les « OATi », « obligations à terme indexées » ! Là, c’est le pire. Ce genre de dette augmente mécaniquement du montant de l’inflation, capital et intérêt. Je vous l’ai expliqué plus haut. Et ça pèse très lourd alors. Aujourd’hui ça représente 10 % de la dette totale du pays. L’idée, c’était que le prêteur se sentirait tellement bien rassuré qu’il demanderait un taux d’intérêt plus faible que les autres prêteurs vu le produit en or que c’est. Ce système existait aussi en Allemagne. Ils se sont dépêchés d’arrêter en 2023. Car si l’inflation augmente, il faut payer l’inflation plus le taux d’intérêt. La ruine. Les Français ont sans doute trop d’amis acheteurs de ces produits si juteux. Résultat : l’essentiel de l’augmentation de la charge de la dette (et donc de l’augmentation des prochains emprunts pour la rembourser), est le résultat de ces titres de dette « échelle mobile pour le capital ». La charge de la dette, c’est ce que le gouvernement paie en intérêts de dette. Relisez : l’essentiel de l’augmentation mécanique de la charge actuelle de la dette est le coût de ces OTAi. Lecornu vient d’en vendre la semaine dernière pour deux milliards. Les larmes du gouvernement sont celles d’hypocrites. Ils ont délibérément choisi le système d’emprunt qui aggrave tout. Le capital reconnaissant, les fonds de placement pourris, les spéculateurs et tous les parasites de cette sorte devraient offrir une statue à ce gouvernement.
Le fait principal
Le gouvernement français est sous le feu des critiques pour sa gestion de la dette publique, exacerbée par l’utilisation d’instruments financiers jugés irresponsables, comme les Obligations à Terme Indexées (OATi). Ces titres de dette, indexés sur l’inflation, augmentent automatiquement la charge de la dette, mettant ainsi à mal les finances publiques.
Ce qui s’est passé
Lors de son discours à la Fête de l’Humanité, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé l’hypocrisie du gouvernement qui, tout en critiquant les augmentations de salaires, favorise une « échelle mobile » en faveur des revenus du capital. Les OATi, qui représentent aujourd’hui 10 % de la dette totale du pays, sont devenues un symbole de cette politique. Chaque fois que l’inflation monte, les intérêts et le capital des OATi augmentent également, entraînant une hausse mécanique de la charge de la dette.
Le contexte
La France a une dette publique qui roule perpétuellement, car le gouvernement emprunte continuellement pour rembourser les titres arrivant à maturité. En moyenne, ces titres sont remboursés tous les huit ans. Actuellement, les taux d’intérêt mondiaux atteignent 4 %, un niveau record, ce qui signifie que le coût de la dette ne cesse d’augmenter. Pendant ce temps, les discussions sur une échelle mobile des salaires, destinée à protéger le pouvoir d’achat des travailleurs, sont balayées d’un revers de main par le gouvernement.
Les chiffres à retenir
– 10 % : part des OATi dans la dette totale de la France.- 4 % : taux d’intérêt moyen actuel sur les nouvelles dettes.- 1952-1983 : période durant laquelle l’échelle mobile des salaires a été appliquée en France.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une contradiction flagrante : alors que le gouvernement se préoccupe de la dette publique, il choisit délibérément un système d’emprunt qui aggrave la situation. Les spéculateurs et les fonds d’investissement, qui profitent de ces instruments, semblent avoir plus d’influence que les citoyens qui paient les conséquences de cette politique. Les larmes du gouvernement, pleines d’hypocrisie, ne devraient pas masquer le fait qu’il a offert un cadeau empoisonné aux marchés financiers.
Ce qu’il faut retenir
La gestion de la dette par le gouvernement français soulève des questions cruciales sur ses priorités. En favorisant les intérêts du capital au détriment des travailleurs, il se condamne à un cercle vicieux de dettes croissantes. L’échelle mobile des salaires pourrait pourtant offrir une solution, mais pour l’instant, c’est l’échelle mobile du capital qui règne en maître.
Source : Jean-Luc Mélenchon, discours à la Fête de l’Humanité.
