
Nouvel essai de missiles en Corée du Nord. Pyongyang a annoncé, lundi 20 avril, avoir testé la veille des missiles balistiques tactiques équipés d’ogives à sous-munitions, représentant une menace pour la Corée du Sud et les militaires américains stationnés sur son territoire.
Selon l’agence officielle nord-coréenne KCNA, le dirigeant Kim Jong-un a supervisé dimanche le tir de « cinq missiles balistiques tactiques » vers une île en mer du Japon, située à 136 km du point de lancement. Ces missiles « ont frappé une zone de 12,5 à 13 hectares avec une très forte densité, démontrant pleinement leur puissance de combat », a rapporté le média d’État.
L’essai visait à « vérifier les caractéristiques et la puissance des ogives de bombes à fragmentation » montées sur des missiles Hwasongpho-11. Ces armes à sous-munitions sont conçues pour libérer plusieurs petites charges explosives sur une large zone, dont certaines peuvent ne pas exploser à l’impact, posant ainsi un risque prolongé pour les civils.
La Corée du Nord et la Corée du Sud ne sont pas signataires de la convention d’Oslo de 2008, qui interdit l’usage, la production, le stockage et la dissémination de ces armes.
« Grande satisfaction » de Kim Jong-un
Selon le rapport Cluster Munition Monitor de 2025, publié par la Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel, ces deux pays, aux côtés de l’Iran, de la Chine, de la Russie, d’Israël et des États-Unis, font partie des 17 nations qui continuent de produire des armes à sous-munitions. Des bombes nord-coréennes à sous-munitions ont déjà été utilisées par la Russie dans le conflit ukrainien.
D’après KCNA, Kim Jong-un « a exprimé sa grande satisfaction quant aux résultats de l’essai », portant à six le nombre de tests de missiles balistiques connus réalisés par la Corée du Nord depuis le début de l’année. Le ministère sud-coréen de la Défense a détecté ces tirs et a appelé Pyongyang à « cesser ses provocations » qui aggravent les tensions dans la région.
L’essai a eu lieu alors que la Corée du Nord ignore les efforts du président sud-coréen Lee Jae-myung pour améliorer les relations entre les deux pays, déjà tendues sous le gouvernement précédent de Yoon Suk-yeol.
Les deux États n’ont jamais signé de traité de paix à l’issue de la guerre de Corée (1950-1953), qui s’est conclue par un armistice. En 2023, la Corée du Nord a renoncé à l’idée de réunification de la péninsule, qualifiant le Sud de « pire ennemi ».
Pour Hong Min, chercheur à l’Institut coréen pour l’unification nationale, le type d’armement testé vise directement Séoul et les installations militaires américaines en Corée du Sud, où sont stationnés environ 28 000 soldats américains. « Ce système semble conçu pour combler le vide entre les lance-roquettes multiples et les missiles balistiques à courte portée », a-t-il déclaré.
Yang Moo-jin, professeur à l’Université d’études nord-coréennes de Séoul, a noté que des commandants de corps d’armée de première ligne avaient assisté à l’essai, une première. Cela suggère que le système pourrait être déployé opérationnellement, avec la capacité d’être lancé depuis des positions avancées contre la Corée du Sud et les bases américaines.
Le Parti du pouvoir au peuple (PPP), une des principales forces d’opposition en Corée du Sud, a exprimé son inquiétude face à ce qu’il considère comme une « démonstration ouverte de capacités de destruction massive » visant la population sud-coréenne, remettant en question la sécurité dans la péninsule.
Avec AFP




