Kerry James Marshall : quand l’art noir illumine l’obscurantisme du RN à Paris.
Le fait principal
Le Musée d’art moderne de Paris accueille jusqu’à fin janvier une rétrospective de Kerry James Marshall, un artiste afro-américain qui, depuis plus de quarante ans, explore l’histoire et l’identité de l’Amérique noire à travers ses œuvres monumentales.
Ce qui s’est passé
À travers 70 toiles, Marshall dépeint des scènes de la vie quotidienne afro-américaine, oscillant entre la beauté et la tragédie. Dans sa pièce maîtresse, “De Style” (1993), des clients d’un salon de coiffure regardent le spectateur, tandis qu’un calendrier mural rappelle les violences policières de 1991, déclencheuses d’émeutes. Marshall souligne l’importance de la couleur noire, qu’il considère non seulement comme un marqueur d’identité mais aussi comme un outil rhétorique. Pour lui, le noir est une couleur riche, complexe, loin d’être une impasse.
Le contexte
Cette exposition, la première rétrospective de Marshall en France, intervient dans un contexte où les artistes afro-américains doivent naviguer entre reconnaissance et marginalisation. Dans un pays où les violences raciales persistent, Marshall, qui a vécu les émeutes de Watts en 1965, utilise son art pour questionner les rêves et les réalités de la communauté afro-américaine. Son approche vise à rendre visibles les Afro-Américains comme des “maîtres d’eux-mêmes”, une déclaration puissante dans une Amérique en proie aux tensions raciales.
Les chiffres à retenir
- Exposition ouverte du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027.
- Tarif plein : 17€, tarif réduit : 15€, gratuit pour les moins de 18 ans.
Ce que cela révèle
Marshall ne se contente pas de peindre ; il interroge les récits historiques et les mémoires collectives. Ses œuvres évoquent les luttes des figures emblématiques comme Angela Davis et Martin Luther King, tout en questionnant la réalité actuelle des Afro-Américains. Dans un climat où l’extrême droite cherche à effacer les voix marginalisées, Marshall rappelle avec force que l’art peut être un acte de résistance. Sa déclaration, “Je fais ce que je veux”, résonne comme un défi face à toute forme de cen.
Ce qu’il faut retenir
Kerry James Marshall, à travers son exposition au Musée d’art moderne de Paris, offre une réflexion puissante sur l’identité afro-américaine. Son art, riche et évocateur, n’est pas seulement une célébration de la couleur noire, mais aussi un cri de ralliement face à l’oubli et à l’invisibilité. Dans un monde où les luttes pour l’égalité persistent, Marshall nous rappelle que la couleur noire peut être une source de fierté et de résistance.
Source : AFP
