JOHANNESBURG : NJ AYUK : « Quand la prévisibilité est rétablie, les capitaux réagissent »

JOHANNESBURG : NJ AYUK : « Quand la prévisibilité est rétablie, les capitaux réagissent »

Le Nigeria a connu un retour impressionnant sur la scène énergétique africaine, attirant 40 % des décisions finales d’investissement (FID) dans le secteur amont du continent en seulement deux ans, un bond par rapport à 4 % précédemment. Ce constat émane du rapport « Réformes du secteur énergétique du Nigeria 2023-2026 : bilan triennal », élaboré par le Bureau du conseiller spécial du président pour l’énergie, Olu Verheijen. Cette dynamique s’accompagne d’un portefeuille de projets évalué à 50 milliards de dollars, marquant un engagement financier sans précédent depuis plus de dix ans.

Entre 2014 et 2023, le Nigeria, malgré ses 37,5 milliards de barils de réserves prouvées, figurait parmi les pays les moins attractifs d’Afrique pour les investissements pétroliers. L’Algérie et l’Angola captaient la majorité des FID, tandis que le Nigeria se classait derrière des pays comme le Mozambique ou le Ghana. Cette tendance a atteint un point critique au troisième trimestre 2022, lorsque la production de brut est tombée sous le million de barils par jour, en raison d’un sous-investissement chronique et d’un cadre réglementaire jugé flou.

Pour inverser cette tendance, le gouvernement nigérian a mis en œuvre plusieurs réformes structurelles et fiscales. Des directives politiques publiées en 2023 ont clarifié les rôles de la Commission de régulation du secteur pétrolier en amont (NUPRC) et de l’Autorité de régulation des secteurs intermédiaire et aval (NMDPRA), éliminant ainsi des incertitudes. Des mesures incitatives fiscales ont également été introduites pour relancer les projets en eaux profondes. De plus, les délais administratifs pour la passation de marchés ont été réduits de 36 à 6 mois.

Ces réformes ont facilité le transfert d’actifs majeurs des compagnies pétrolières internationales vers des opérateurs locaux, totalisant environ 4 milliards de dollars. Ce changement a eu un impact direct sur la production, qui a augmenté de 400 000 barils par jour entre 2023 et 2025, atteignant 1,6 million de barils par jour, son niveau le plus élevé en vingt ans.

La réponse des investisseurs a été rapide. Shell a validé un projet en eaux profondes de 5 milliards de dollars, tandis que TotalEnergies a engagé 550 millions de dollars pour un projet gazier. Ces engagements dépassent les 10 milliards de dollars, marquant une rupture avec une décennie de stagnation. Pour 2025, 28 plans de développement de gisements, d’une valeur de 18,2 milliards de dollars, ont été approuvés.

« Lorsqu’un gouvernement rétablit à la fois la compétitivité fiscale et la prévisibilité réglementaire, les capitaux réagissent. Le Nigeria a fait les deux, et les chiffres relatifs aux décisions d’investissement définitives en sont la preuve concrète », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie.

Le rapport souligne l’ampleur du redressement en présentant un scénario sans réforme, où la production aurait chuté à 579 000 barils par jour d’ici 2030. Grâce aux réformes, la production est projetée à 1,77 million de barils par jour en 2026, avec un objectif de 3 millions de barils par jour. La pérennité de ces résultats dépendra de la stabilité du nouveau cadre institutionnel et de la capacité à exécuter les projets ambitieux en eaux profondes signés ces deux dernières années.

Source : Bureau du conseiller spécial du président pour l’énergie, Olu Verheijen.

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