/regions/2026/04/14/69de0821c3321838066289.jpg)
Table Of Content
« Pas un mètre cube d’eau supplémentaire ne sera prélevé » pour produire de la neige artificielle lors des JO-2030, mais il faudra « répartir les usages » de cette ressource au niveau local, a indiqué lundi le gouvernement.
Marina Ferrari, ministre des Sports, et Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, ont réuni pour la deuxième fois le comité stratégique chargé d’élaborer la feuille de route environnementale pour ces Jeux olympiques et paralympiques d’hiver qui se dérouleront dans les Alpes françaises.
Une série d’objectifs ont été arrêtés lundi et vont être soumis à plusieurs instances consultatives, comme le Conseil national de la transition écologique, le Haut Conseil pour le climat, ou encore le Groupe santé environnement.
« Nous intégrerons les propositions qui seront formulées à l’occasion du prochain comité stratégique en juin », a déclaré à la presse Mathieu Lefèvre.
Les sites seront répartis en quatre grandes zones : Haute-Savoie, Savoie, Briançon et Nice.
- Zone Briançon : ski et snowboard acrobatiques (Serre Chevalier, Montgenèvre) et village olympique (Briançon).
- Zone Nice : hockey sur glace (deux enceintes), patinage artistique et patinage de vitesse sur piste courte, curling, centre international de diffusion et centre principal des médias, cérémonie de clôture.
Ce projet de feuille de route prévoit entre autres, concernant l’eau, « aucun accroissement des volumes autorisés de prélèvement d’eau, avec un suivi précis de la consommation et une réduction ciblée pour la production de neige ».
Sur l’eau, il n’y aura pas un mètre cube supplémentaire qui sera prélevé pour de l’enneigement artificiel, tout cela va se faire à enveloppe constante au sein de projets territoriaux de gestion de l’eau […]. Ce seront les parties prenantes locales qui décideront […]. Les JO-2030 ne consommeront pas un mètre cube de plus que l’usage traditionnel qui en est fait dans les montagnes.
Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique,à l’AFP.
Pour Marina Ferrari, « aujourd’hui, on a des autorisations de prélèvements et des volumes d’eau, on ne va pas augmenter cette enveloppe. Cela veut dire qu’il va falloir qu’on répartisse les usages au niveau de chaque territoire, au sein de ces plans territoriaux de la gestion de l’eau, en incluant également les Jeux olympiques » parmi les bénéficiaires de cette ressource que sont habitants, agriculteurs ou encore industriels locaux.
Concernant les émissions de carbone de ces JO, l’ambition est de « se fixer, d’ici juin, un objectif global quantifié et vérifiable de réduction de l’empreinte carbone », selon la feuille de route provisoire.
Les ouvrages olympiques pour 2030 n’étant « pas encore totalement définis, il est difficile d’en inférer une consommation de carbone » mais « on vise une consommation carbone qui soit inférieure au million de tonnes de Co2, qui soit deux à trois fois inférieure à ce qu’elle était à Paris 2024 » lors des Jeux d’été, a indiqué M. Lefèvre.
On pense bien sûr à la patinoire qui pourrait voir le jour à Nice.
JO 2030 : Pas un mètre cube d’eau pour la neige, mais des promesses à gogo
Le gouvernement promet que « pas un mètre cube d’eau supplémentaire » ne sera prélevé pour produire de la neige artificielle lors des JO-2030, mais la réalité pourrait bien être plus complexe.
Alors que les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver se profilent à l’horizon 2030, le gouvernement français, par la voix de Marina Ferrari et Mathieu Lefèvre, semble avoir trouvé la solution miracle : « Pas un mètre cube d’eau supplémentaire ne sera prélevé ». Une promesse qui, à première vue, pourrait faire sourire les écologistes. Mais derrière ce discours rassurant, la nécessité de « répartir les usages » de cette précieuse ressource soulève plus de questions qu’elle n’en résout.
Ce qui se passe réellement
Lors de la réunion du comité stratégique pour la feuille de route environnementale des JO-2030, il a été décidé que les sites seraient répartis en quatre zones : Haute-Savoie, Savoie, Briançon et Nice. Le projet de feuille de route stipule qu’il n’y aura « aucun accroissement des volumes autorisés de prélèvement d’eau ». En d’autres termes, les JO devront se contenter de l’eau déjà disponible, tout en jonglant avec les besoins des habitants, agriculteurs et industriels locaux. Une belle équation à résoudre, n’est-ce pas ?
« Sur l’eau, il n’y aura pas un mètre cube supplémentaire qui sera prélevé pour de l’enneigement artificiel… Les JO-2030 ne consommeront pas un mètre cube de plus que l’usage traditionnel qui en est fait dans les montagnes. »
Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique
Pour Marina Ferrari, la ministre des Sports, cette gestion de l’eau implique de « répartir les usages au niveau de chaque territoire ». Une belle manière de dire que chacun devra se serrer la ceinture pour faire de la place aux JO. Mais qui décide de cette répartition ? Les « parties prenantes locales », comme si cela suffisait à apaiser les tensions.
Pourquoi cela dérange
Cette promesse de ne pas prélever d’eau supplémentaire est à la fois séduisante et dérangeante. Elle soulève des incohérences flagrantes : comment garantir que les JO ne consommeront pas plus d’eau que d’habitude tout en intégrant les besoins croissants des événements sportifs ? Cela ressemble à un tour de magie : « Regardez, pas d’eau supplémentaire ! », tout en cachant la réalité sous le tapis.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette gestion de l’eau pourraient être désastreuses. Si les JO doivent se contenter de l’eau déjà disponible, cela signifie que d’autres secteurs, comme l’agriculture ou l’approvisionnement en eau potable, pourraient souffrir. Qui va payer le prix de cette répartition ? Les agriculteurs qui voient leurs cultures se dessécher ? Les habitants qui devront faire face à des restrictions d’eau ?
Lecture satirique
Il est ironique de constater que, dans un monde où l’urgence climatique est de plus en plus pressante, le gouvernement semble jouer à un jeu d’équilibre instable. Les promesses de réduction des émissions de carbone et de gestion de l’eau se heurtent à la réalité des besoins croissants d’un événement aussi colossal que les JO. C’est un peu comme promettre de ne pas manger plus de gâteau tout en organisant une fête d’anniversaire avec un buffet à volonté.
Effet miroir international
En parallèle, on ne peut s’empêcher de faire le lien avec les dérives autoritaires à l’international, où les gouvernements promettent monts et merveilles tout en piétinant les droits fondamentaux. Les États-Unis, avec leur obsession pour le profit à tout prix, et la Russie, qui ne recule devant rien pour maintenir son image, sont des exemples frappants de ce décalage entre promesses et réalités. La France, avec ses JO, ne semble pas si éloignée de ces pratiques.
À quoi s’attendre
Si cette gestion de l’eau est un indicateur de ce qui nous attend, il est légitime de s’inquiéter. Les JO-2030 pourraient bien devenir un symbole de la lutte entre l’écologie et le sport, où les promesses gouvernementales se heurtent à la réalité des besoins humains et environnementaux.
Sources
Source : france3-regions.franceinfo.fr



