Sahel : le JNIM moins actif au Mali, plus présent au Burkina Faso

Le JNIM déplace son activité du Mali vers le Burkina Faso

Depuis le début de l’année 2026, l’activité militante du JNIM, la branche sahélienne d’Al-Qaïda, a montré un léger déplacement du Mali vers le Burkina Faso. Ce changement coïncide avec un assouplissement apparent du blocus des carburants imposé par le JNIM au Mali depuis septembre 2025.

L’analyse des attaques et des pertes revendiquées par le JNIM indique une baisse de l’activité militante au Mali à partir de janvier 2026, alors que des signes d’une intensification des actions au Burkina Faso sont observés. Cette tendance s’accompagne d’une réduction des articles de presse locaux et des revendications non officielles du JNIM concernant des attaques contre des camions-citernes, ainsi que de preuves que les autorités de Bamako réussissent à importer du carburant et à mettre en place une réserve stratégique nationale.

Le gouvernement malien a nié avoir conclu un accord de trêve avec le JNIM, malgré des rapports suggérant qu’une libération de prisonniers aurait eu lieu à la mi-mars, potentiellement dans le cadre d’un accord pour ouvrir des corridors d’importation de carburant.

Tendance inversée

Cette évolution inverse la dynamique observée à la fin de 2025, lorsque le Mali était au centre des activités du groupe en raison du blocus économique imposé par le JNIM sur des voies commerciales essentielles. En septembre 2025, le JNIM avait annoncé un blocus sur la région de Kayes, un axe commercial crucial reliant le Sénégal à la capitale, Bamako.

Des sources locales rapportent que cette nouvelle tactique a conduit à l’incendie de plus de 300 camions-citernes et à la mort de 27 chauffeurs l’année précédente.

Tendances en matière d’attaques et de victimes

Le blocus des carburants imposé par le JNIM, en vigueur depuis le 3 septembre 2025, montre des signes d’assouplissement. Ce ralentissement au Mali se manifeste par une diminution des attaques et des pertes revendiquées par le JNIM depuis le début de l’année, tandis que les attaques au Burkina Faso continuent d’augmenter.

Historiquement, l’activité du JNIM a fluctué entre les deux pays, mais depuis environ 2024, le Burkina Faso a subi la majorité des attaques. En mars 2026, le JNIM a revendiqué 146 victimes, le chiffre le plus élevé depuis juin dernier, illustrant l’intensification de son activité au Burkina Faso.

Des signes de détente entre le JNIM et Bamako

Des signes dans les médias locaux suggèrent une possible détente entre le JNIM et le gouvernement malien. La dernière attaque significative contre un convoi de carburant aurait eu lieu le 29 janvier, et depuis, peu d’embuscades majeures ont été rapportées. La série de vidéos de propagande diffusée par le JNIM pendant le Ramadan s’est concentrée sur des thèmes théologiques, sans mentionner le blocus.

Le gouvernement malien a également pris des mesures pour sécuriser les convois de carburant et a adopté une « réserve nationale de sécurité de produits pétroliers » pour faire face aux crises.

Conclusion

Alors que l’activité du JNIM diminue au Mali, son militantisme augmente au Burkina Faso, laissant présager une dynamique régionale complexe. Les autorités maliennes affirment avoir renforcé leur contrôle et la sécurité des approvisionnements en carburant dans un contexte de tensions persistantes.

Source : Jacob Boswall, spécialiste des médias djihadistes.

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