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« Je me retrouve avec zéro euro » : Contraint de déposer le bilan, ce patron de restaurant écrit une lettre à Emmanuel Macron

Publié le 07/05/2026 à 06h05
Temps de lecture : 3 min

Après huit ans à la tête du restaurant Mama Maria, situé à Croix, Jean-Raphaël Bucciantini s’apprête à déposer le bilan. Sans revenu depuis six mois et privé de certaines aides tant que la liquidation n’est pas actée, le restaurateur de 39 ans a adressé une lettre au président Emmanuel Macron.

Mama Maria, connu pour ses pizzas et bruschettas, s’était imposé comme une adresse appréciée de la métropole lilloise, affichant 4,6 étoiles sur Tripadvisor et Google. Cependant, son gérant, également reconnu pour ses initiatives sociales, se trouve dans une situation critique. Dans sa lettre, il décrit « une situation extrêmement difficile malgré des années de travail acharné », soulignant qu’il a contribué à l’économie en créant des emplois et en payant ses charges.

Jean-Raphaël Bucciantini se dit « sans ressources et sans solution pour vivre dignement ». Il appelle à une « solution humaine » pour les entrepreneurs qui ont tout donné et se retrouvent seuls face à l’adversité.

Joint par téléphone, il déclare : « J’ai un restaurant qui cartonne depuis huit ans. Et aujourd’hui, je me retrouve avec zéro euro et les huissiers qui appellent tous les jours. » Il doit rencontrer son comptable avant un dépôt de bilan prévu dans les jours à venir.

Comme de nombreux établissements, Mama Maria a été durement impacté par les crises économiques successives. Jean-Raphaël estime que sa perte d’exploitation atteint 30 %. « Aller au restaurant n’est plus une priorité », affirme-t-il, évoquant l’augmentation des prix et le choix de manger chez soi.

Le coût des matières premières et de l’énergie a également pesé lourdement sur ses finances. « Au début, je payais 800 euros par mois pour l’énergie. Aujourd’hui, c’est 2 800 euros, soit presque le prix du loyer », explique-t-il.

Pour tenter de sauver son entreprise, il a investi 40 000 euros de ses économies personnelles. Son équipe, qui comptait six salariés il y a trois ans, n’est plus aujourd’hui que de deux personnes.

Jean-Raphaël évoque aussi des litiges sociaux, dont un licenciement pour inaptitude ayant entraîné des indemnités de 20 000 euros. Ajouté à cela, l’arrivée d’un concurrent majeur, la chaîne Pàpa Raffaele, a compliqué la situation.

Sans salaire depuis six mois, il ne peut accéder à certaines aides tant que la liquidation n’est pas officiellement prononcée. Il se retrouve dans une situation où il a envoyé 160 CV et envisage de travailler chez McDonald’s.

Soutenu par sa compagne, il ne demande pas d’aide financière, mais un accompagnement pour retrouver rapidement un emploi. À travers sa lettre, il souhaite alerter sur la réalité des entrepreneurs en difficulté.

Pour lui, une chose est certaine : « C’est sûr que je n’aurai plus jamais de restaurant de ma vie. »

Source : France 3 Régions

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