Iran: le voile tombe peu à peu, mais les restrictions demeurent

Iran : Le voile tombe peu à peu, mais les restrictions demeurent

Malgré des signes d’assouplissement dans l’application du port du voile, la situation des droits des femmes en Iran reste préoccupante. Elnaz, une peintre de 32 ans vivant à Téhéran, souligne que cela ne doit pas être interprété comme un changement de politique gouvernementale. « Aucun progrès n’a été fait en matière de droits des femmes », affirme-t-elle, ajoutant qu’aucun changement réel n’a eu lieu concernant la liberté individuelle.

L’obligation de porter le voile en public, instaurée peu après la Révolution islamique de 1979, est toujours en vigueur. Cependant, l’application de cette règle semble s’être assouplie dans certains quartiers de Téhéran et d’autres villes, une tendance amorcée après les manifestations de 2022-2023 déclenchées par la mort de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir prétendument enfreint ce code vestimentaire.

Cette dynamique s’est poursuivie durant les conflits récents, notamment le conflit de juin 2025 avec Israël et les manifestations de janvier 2023 contre le coût de la vie. Zahra, une mère au foyer de 57 ans d’Ispahan, témoigne : « Il y a encore trois ans, ce n’était qu’un rêve. Je ne le porte plus, mais j’aurais tellement aimé vivre ça quand j’étais jeune. »

Bien que certaines femmes choisissent de ne plus porter le voile, les femmes non voilées continuent d’être soumises à des convocations par les autorités. Elles doivent généralement se conformer à cette règle dans les banques, établissements scolaires et bâtiments administratifs. Negin, propriétaire d’un café à Téhéran, évoque les conséquences subies par les établissements : « Nous avons été fermés à plusieurs reprises, condamnés à des amendes, et nous avons dû verser des pots-de-vin. »

Les droits des femmes demeurent limités en Iran. Selon Amnesty International, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées lors des manifestations de janvier, et des milliers d’autres durant le conflit actuel. L’ONG note que la résistance au port obligatoire du hijab a mis les autorités sous pression, mais ces dernières continuent d’imposer le port du voile dans divers lieux, exposant les femmes à des risques de harcèlement et d’exclusion.

Il est désormais possible de voir des images d’Iraniennes sans hijab à la télévision d’État, à condition qu’elles soutiennent la République islamique. Shahrzad, une femme au foyer de 39 ans, déclare que, bien que de plus en plus de femmes osent sortir sans hijab, elle ne perçoit aucun changement dans le système gouvernemental.

La situation varie selon les régions. À Mashhad, les règles restent strictes, tandis qu’à Ispahan, des femmes continuent d’être convoquées au tribunal pour non-respect du port du voile. Maryam, une habitante de 35 ans, souligne que « si vous avez une activité sociale ou économique, on attend de vous que vous portiez le hijab. »

La pérennité de cette tolérance vestimentaire reste incertaine. Zahra rappelle que des centaines de personnes ont perdu la vie lors des manifestations de 2022, et s’interroge sur l’avenir : « Pour l’instant, ils (les autorités) sont simplement distraits par la guerre. Mais après, qui sait ce qu’ils feront ? »

Source : AFP

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