Harvard révèle : 377 000 Gazaouis « disparus », mais le RN préfère ignorer les chiffres réels !
Le fait principal
Un chiffre alarmant circule depuis quelques jours : 377 000 Gazaouis seraient portés disparus, selon un prétendu rapport de Harvard. Une affirmation qui, après vérification, s’avère être le fruit d’une lecture erronée et d’une manipulation des données.
Ce qui s’est passé
Le chiffre a été relayé par Abdal Karim Ewaida, ambassadeur palestinien en Côte d’Ivoire, et a rapidement trouvé écho sur X, où il a été partagé par divers médias, dont Middle East Monitor et The New Arab. La députée de la France Insoumise, Rima Hassan, a également contribué à sa viralité sur Instagram. Pourtant, aucune étude de Harvard n’a publié de tels résultats. L’origine de ce chiffre réside en réalité dans une étude du chercheur israélien Yaakov Garb, publiée sur le Harvard Dataverse, qui n’évoque pas les disparitions mais les centres d’aide humanitaire en Gaza.
Le contexte
Le chiffre de 377 000 disparus provient d’une analyse erronée d’une note de blog sur Medium. Un internaute, « Maximilian », a utilisé des cartes de l’étude de Garb pour déduire ce chiffre, en soustrayant des estimations de population. Les cartes indiquaient des concentrations de population, mais les chiffres eux-mêmes étaient approximatifs et, de surcroît, erronés. En effet, Al-Mawasi, une région mentionnée, compte plutôt 700 000 habitants et non 500 000 comme indiqué.
Les chiffres à retenir
Actuellement, le ministère de la Santé gazaoui géré par le Hamas fait état de 56 077 Gazaouis tués et 131 848 blessés depuis le 7 octobre 2023. De plus, 11 000 personnes seraient encore portées disparues, probablement sous les décombres. Les estimations indiquent que 1,9 million de personnes ont été déplacées depuis le début de la guerre, soit 90 % de la population de Gaza.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière la fragilité des informations diffusées sur les réseaux sociaux et leur capacité à engendrer des interprétations erronées. La manipulation de chiffres dans un contexte aussi tragique soulève des questions éthiques. Les conséquences de telles affirmations peuvent être désastreuses, alimentant la désinformation et la polarisation. Il est d’autant plus inquiétant que ces chiffres soient utilisés pour justifier des discours et des actions basés sur une réalité déformée.
Ce qu’il faut retenir
Dans un monde où les chiffres peuvent être manipulés à volonté, la rigueur et la vérification des faits deviennent essentielles. Les tragédies humaines ne devraient jamais être le sujet de débats fondés sur des erreurs de lecture ou des interprétations biaisées.
Sources : France 24, Harvard Dataverse, ministère de la Santé de Gaza.
