
Foyer d’infection à hantavirus à bord d’un navire de croisière : Huit questions sur le virus
Table des matières
- Qu’est-ce que l’hantavirus ?
- Pourquoi l’OMS a-t-elle sonné l’alerte ?
- Comment le virus se transmet-il ?
- Quels sont les symptômes ?
- Comment se pose le diagnostic ?
- Comment se protéger des hantavirus ?
- Où en est la recherche ?
- Quels sont les principaux défis pour les scientifiques ?
- Programmes de recherche
Le 3 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a signalé un possible foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière MV « Hondius », qui était parti d’Argentine à destination du Cap-Vert, transportant 147 passagers et membres d’équipage.
Que sait-on aujourd’hui de ce virus, dont l’OMS juge le risque de propagation hors du navire faible ? Quels sont les symptômes de l’infection, et où en est la recherche pour mieux la prévenir et la traiter ?
Qu’est-ce que l’hantavirus ?
Les hantavirus forment une grande famille de virus présents sur tous les continents, circulant principalement chez les rongeurs sauvages, notamment les campagnols. Chaque hantavirus est généralement associé à une espèce animale précise, et l’infection est souvent asymptomatique chez ces hôtes naturels.
Pourquoi l’OMS a-t-elle sonné l’alerte ?
L’alerte de l’OMS fait suite à la confirmation de deux cas d’infection en laboratoire, avec cinq autres cas suspects. Parmi les sept personnes malades, trois sont décédées, dont un homme de 70 ans et sa femme de 69 ans. Le virus identifié est probablement la souche des Andes, qui peut se transmettre d’une personne à l’autre, bien que cela reste rare.
Comment le virus se transmet-il ?
Les hantavirus se transmettent principalement par inhalation de poussières contaminées par les excréments et urines de rongeurs infectés. Le contact direct ou les morsures sont moins fréquents. La transmission interhumaine a été observée, mais concerne principalement le virus des Andes.
Quels sont les symptômes ?
Les hantavirus peuvent provoquer des infections de gravité variable. Après une incubation de une à six semaines, les symptômes initiaux incluent fièvre, maux de tête et douleurs musculaires, souvent similaires à ceux de la grippe. Deux formes de maladie sont reconnues : la forme hémorragique avec atteinte rénale, et la forme cardio-pulmonaire, cette dernière étant associée à une mortalité de 30 à 60 %.
Comment se pose le diagnostic ?
Le diagnostic repose sur l’interrogation des patients sur leur exposition récente aux rongeurs et sur des analyses biologiques, notamment la PCR et les tests sérologiques.
Comment se protéger des hantavirus ?
Actuellement, il n’existe pas de traitement spécifique ni de vaccin validé contre les hantavirus. La prise en charge se concentre sur le soulagement des symptômes. La prévention consiste à réduire l’exposition aux rongeurs et à leurs excrétions.
Où en est la recherche ?
Des recherches sont en cours pour développer des vaccins et des traitements. Des vaccins inactivés, comme Hantavax®, ont montré une réduction de l’incidence des infections, mais leur efficacité diminue avec le temps. D’autres stratégies incluent les vaccins recombinants et à ADN, ainsi que des traitements antiviraux comme la ribavine et le favipiravir.
Quels sont les principaux défis pour les scientifiques ?
Les chercheurs doivent limiter la réaction inflammatoire excessive causée par l’infection, qui est responsable des formes graves de la maladie. L’amélioration des modèles animaux est également essentielle pour tester les traitements et comprendre les mécanismes d’infection.
Programmes de recherche
L’ANRS MIE, agence de l’Inserm dédiée aux maladies infectieuses émergentes, soutient la recherche sur les hantavirus, notamment par le projet TRANSVI, qui étudie les chaînes de transmission entre faune sauvage et humains au Mexique.
Cet article a été écrit avec le soutien et relu par l’équipe du pôle Crises de l’ANRS MIE.
Source : Inserm et ANRS MIE






