La France a abattu plus de 80 drones iraniens de type Shahed depuis le début du conflit au Moyen-Orient, selon le Journal du Dimanche. Ce déploiement fait partie d’une mission pour soutenir des partenaires tels que le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis dans la lutte contre les menaces de drones.
Pour renforcer ses capacités, l’armée française a déployé quatorze avions Rafale, en plus des dix déjà stationnés dans la région, ainsi que quatre hélicoptères Tigre de l’aviation légère de l’armée de Terre. La nécessité d’adapter ces appareils à la lutte anti-drones se fait sentir, notamment pour réduire les coûts d’engagement. Actuellement, les missiles Mica utilisés par les Rafale coûtent entre 600 000 et 700 000 euros, tandis que les drones Shahed ne coûtent qu’environ 30 000 euros.
Le ministère des Armées a annoncé que la Direction générale de l’Armement (DGA) a pris des mesures pour évaluer rapidement des solutions face à l’évolution des menaces. Les Centres experts Référent (CeR), créés pour mener des travaux sur des technologies à cycle court, sont mis à l’épreuve dans ce contexte. Le Centre expert Référent de la lutte anti-drone (CeRLAD) a confirmé la capacité de l’hélicoptère Tigre à neutraliser les drones Shahed avec son canon de 30 mm et l’a recommandé comme solution économique.
La DGA a également intégré la capacité L16, un standard de liaison de données tactiques de l’OTAN, en moins de trois semaines, un délai considérablement réduit par rapport au processus industriel habituel qui peut prendre jusqu’à dix-huit mois. Par ailleurs, des travaux sont en cours pour développer une version anti-drone de la roquette guidée laser, avec des premiers essais prévus d’ici la fin juin.
Des ingénieurs de l’armement ont été envoyés en renfort aux forces françaises en opérations extérieures pour assurer la mise en place rapide de ces solutions. En outre, l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) a annoncé l’adaptation de ses drones MQ-9 Reaper pour la lutte anti-drones, ayant déjà mené des tirs d’expérimentation avec le missile Hellfire sur des cibles aériennes de type drone.
Cette évolution stratégique vise à renforcer les capacités de l’armée française face à des menaces de plus en plus sophistiquées dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes.
Source : 20 Minutes




