
Poussée de fièvre dans les laboratoires : les salariés en grève pour leurs salaires et leurs conditions de travail
Pour nos salaires : dans le cadre d’un mouvement de grève national qui a touché de nombreux laboratoires d’analyse médicale, les salariés de Cerballiance sont mobilisés ce lundi 4 mai, aux portes du site technique ariégeois du groupe, à Pamiers.
Dès 7 h 30, à l’appel de leurs organisations syndicales, les salariés des sites ariégeois du groupe Cerballiance (réseau de 700 laboratoires d’analyse médicale présents dans toute la France) se sont rassemblés devant le site technique du groupe, route de Saint-Jean-du-Falga, à Pamiers, brandissant une banderole avec le slogan « Pour nos salaires ». Virginie Vergnes, déléguée syndicale (CGT) et élue au comité social et économique (CSE), a déclaré : « C’est un mouvement national, qui rassemble les salariés des différents groupes du secteur », soulignant la concentration croissante dans ce domaine au cours des dernières années.
Les salariés évoquent des conséquences directes de cette concentration : « La demande reste très forte et l’affluence considérable, notamment le matin, et la charge de travail est importante. Les départs à la retraite ne sont pas remplacés et nos salaires ne suivent pas », a précisé Vergnes. Parmi les principales revendications, une revalorisation de la grille de leur convention collective est demandée. « On travaille à flux tendus. Les employeurs en veulent toujours plus et nous ne sommes pas revalorisés », a-t-elle ajouté. Dans le département, Cerballiance emploie une cinquantaine de salariés, dont des coursiers, secrétaires, techniciens et infirmiers.
Ce mouvement de protestation a pris fin ce lundi à midi. Des salariés avaient été réquisitionnés, sur instruction de la préfecture et de l’Agence régionale de santé, afin de garantir le fonctionnement des plateaux techniques de Foix et de Pamiers, où sont réalisées les analyses. Les autres centres, tels que Saverdun, Saint-Girons et Lavelanet, sont des centres de prélèvement. Cette mesure a suscité des incompréhensions parmi les grévistes, qui estiment que les urgences auraient pu être gérées par le centre hospitalier des Vallées d’Ariège.
Le secteur des laboratoires d’analyse médicale a connu une concentration sans précédent au cours des quinze dernières années. En 1980, la France comptait plus de 4 000 sociétés de laboratoires de biologie médicale de ville, contre moins de 400 en 2021. Des grands groupes privés, soutenus par des fonds d’investissement, ont racheté des laboratoires à des médecins biologistes et fusionné les structures. En 2021, six groupes détenaient 61 % de la biologie médicale de ville, et selon une estimation du directeur général de la Caisse nationale de l’assurance-maladie, Thomas Fatôme, en juillet 2023, ils en posséderaient désormais « plus des deux tiers ».
Source : La Dépêche






