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Une enquête récemment publiée soulève des préoccupations graves concernant les conditions de travail sur les chantiers de data centers à travers l’Europe. D’une part, des accidents mortels ont eu lieu, et d’autre part, des cas d’exploitation des travailleurs exacerbent les inquiétudes sur ces sites, notamment en Belgique, Suède et ailleurs.
Ce qui s’est passé

Une enquête du consortium Investigate Europe, publiée le 30 octobre, a mis en lumière des pratiques de travail inquiétantes sur plusieurs chantiers de data centers en Europe. Ce rapport fait état d’accidents graves, notamment en Belgique, où un ouvrier roumain a été gravement brûlé sur un chantier de Google à Saint-Ghislain. Des cas de brûlures dus à un arc électrique de 400 volts ont conduit à des greffes de peau, laissant l’ouvrier avec des séquelles permanentes. D’autres accidents, dont au moins deux mortels, ont été signalés en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie et en Norvège entre 2024 et 2026.
Des conditions de travail déplorables
En Suède, des ouvriers migrants sur un chantier de Microsoft près de Gävle ont fait état de conditions de vie inacceptables, incluant des logements insalubres et des heures supplémentaires non rémunérées. Certains ouvriers auraient travaillé jusqu’à 60 heures par semaine sans compensation. En réponse à ces abus, le syndicat suédois Solidariska byggare a obtenu un accord de 1,3 million d’euros d’arriérés de salaires pour 78 travailleurs en fin octobre. Par ailleurs, l’autorité suédoise du travail a ouvert 50 dossiers relatifs aux conditions de travail dans le secteur des data centers depuis 2021.
Les voix des travailleurs et des syndicats
Face à ces abus, des syndicats dans plusieurs pays, dont la Belgique, la Suède, le Danemark, la Finlande et l’Italie, ont dénoncé les obstacles à l’accès aux chantiers et la représentation des salariés. Les témoignages recueillis évoquent une ambiance de travail marquée par la « terreur mentale », selon un ouvrier roumain. La multiplication des sous-traitants dans ce secteur complique davantage la responsabilité des employeurs et la protection des droits des travailleurs.
La situation en France
Pour l’heure, les syndicats du bâtiment en France n’ont pas signalé de pratiques similaires sur les chantiers nationaux. Toutefois, plusieurs grands projets de data centers, notamment ceux de Microsoft à Petit-Landau (Haut-Rhin), de Google à Étrechet (Indre) et du Campus AI à Fouju (Seine-et-Marne), sont prévus, suscitant des craintes quant à l’éventuelle répétition de ces abus. Un quotidien a mis en garde : « La France pourrait bientôt être davantage concernée par les pratiques décrites dans cette enquête ».
Les éléments à retenir
Ce rapport souligne non seulement les défis en matière de sécurité au travail, mais également une exploitation croissante des travailleurs dans le secteur des data centers en Europe. Les témoignages et les enquêtes mettent en lumière un besoin urgent de régulation et de protection des droits des travailleurs, afin d’assurer un environnement de travail sûr et respectueux.
La suite
Les révélations de cette enquête n’ont pas seulement des implications pour les travailleurs concernés, mais également pour l’ensemble du secteur technologique, qui doit désormais faire face à un examen public sur ses pratiques de responsabilité sociale. L’évolution de cette situation est à suivre de près, notamment avec les nouveaux projets de data centers à venir.
Source : Reporterre, le média de l'écologie – Indépendant et en accès libre (reporterre.net)
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