La baisse de l’euro face au dollar pourrait soutenir les exportations européennes, mais ses effets positifs risquent d’être contrebalancés par le renchérissement des importations et le retour des tensions inflationnistes. Dans une analyse publiée le 18 octobre 2026, l’économiste Marc Touati estime que la monnaie européenne pourrait encore reculer, jusqu’à 1,05 dollar, voire moins.
Un euro sous pression
Après avoir atteint 1,17 dollar à la fin août, l’euro est retombé autour de 1,12 dollar depuis le 7 octobre, selon les chiffres avancés par Marc Touati. Le taux de référence de la Banque centrale européenne s’élevait à 1,1206 dollar le 9 octobre. (ecb.europa.eu)
L’économiste explique ce recul par plusieurs facteurs : une croissance qu’il juge plus soutenue aux États-Unis qu’en zone euro en 2026, ainsi que des taux d’intérêt monétaires plus élevés outre-Atlantique. Il estime également que la crise économique, financière et sociale en France pèse sur la monnaie européenne et alimente les inquiétudes autour de la zone euro.
Selon lui, ces écarts économiques et monétaires pourraient se creuser. Il anticipe donc une poursuite de la baisse, avec un euro susceptible de passer sous le seuil de 1,05 dollar. Il s’agit d’une projection formulée par l’économiste.
Un soutien possible aux exportations, mais un risque sur les prix
Une monnaie moins chère peut rendre les produits européens plus compétitifs à l’étranger et favoriser les exportations. Marc Touati avance qu’une dépréciation annuelle de 10 % de l’euro face au dollar peut apporter environ 0,5 % de croissance supplémentaire.
Mais la baisse de l’euro rend aussi les produits achetés à l’étranger plus coûteux. Le pétrole, facturé en dollars, est cité comme exemple. Si ces hausses alimentent l’inflation, elles peuvent réduire le pouvoir d’achat et peser sur la consommation, la croissance et l’emploi.
Marc Touati ajoute qu’un euro trop faible pourrait nourrir la défiance envers la zone euro. Dans ce scénario, les taux d’intérêt des obligations d’État pourraient augmenter, ce qui pèserait à son tour sur l’activité économique.
Son analyse conclut que les gains potentiels pour les exportations pourraient être rapidement effacés par l’inflation et les tensions politiques en Europe. Le bilan de la baisse de l’euro dépendra donc de l’ampleur de ces effets opposés.
Source : Toute l'actualité du Journal du dimanche (www.lejdd.fr)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : leJDD








OFFRE SPÉCIALE · LIVRES ARTIA13