BÉNÉFICE NET SIMULÉ DU JOUR -29,70 € net simulé · mise de base selon la formule 127 paris simulés · mises 135,00 € · retours 105,30 € · toutes les mises gagnantes et perdantes sont déduites
Aller au contenu
Flash Info

Au Bénin, les salicultrices de Djègbadji maintiennent une production artisanale sous pression

À Djègbadji, près d’Ouidah, des femmes fabriquent encore le xwladjè selon une méthode manuelle transmise de mère en fille. Cette production artisanale contribue aux dépenses des familles, mais les coûts du bois, les aléas des saisons et la concurrence du sel importé fragilisent leurs revenus. Une unité semi-moderne installée dans la localité doit contribuer à structurer la filière.

Du sable salé aux cristaux de sel

Dans le sud du Bénin, la fabrication du sel commence par le ramassage du sable salé, raclé à la houe. Les productrices le déposent dans un grand panier tapissé d’un linge, puis y versent de l’eau de lagune. En filtrant à travers le sable, le liquide se charge en sel et s’écoule dans un récipient.

Avant la cuisson, les femmes vérifient la concentration de la saumure à l’aide de noix de palme : si elles flottent, l’eau est jugée suffisamment salée. Elle est ensuite chauffée dans des bassines posées sur des foyers en argile. Les impuretés sont retirées au fur et à mesure que le liquide s’évapore. Le sel, d’abord grisâtre ou jaunâtre, est égoutté puis blanchit à l’air libre.

Mhope2010 — Au Bénin, les salicultrices de Djègbadji maintiennent une production artisanale sous pression
Photo : Mhope2010 · BY-SA 4.0 · via wikimedia · Vérifier la licence et la source

Le travail dépend étroitement de la météo. En période ensoleillée, les salicultrices peuvent constituer des réserves ; les pluies, elles, interrompent la production en envahissant les sites et en empêchant le sel d’apparaître sur le sol.

Un revenu essentiel, mais incertain

Martine Agogo, productrice à Djègbadji et mère de quatre enfants, indique que 25 litres d’eau filtrée peuvent fournir environ trois kilos de sel. Cette quantité nécessite toutefois plusieurs jours de travail, entre la collecte du sable, le filtrage, la recherche de combustible, la cuisson et la vente.

Les revenus servent notamment à financer l’alimentation, les soins et la scolarité. Pour Martine, l’activité est aussi un héritage familial : elle a appris le métier auprès de sa mère, qui avait notamment contribué à financer ses études grâce à la vente de sel. D’autres productrices, comme Rosine, poursuivent cette pratique après plusieurs décennies, avec la volonté de la transmettre à leurs filles.

La hausse du coût du bois pèse sur les bénéfices. Les productrices ne peuvent plus exploiter le bois de mangrove, dont le palétuvier, et doivent désormais en acheter. Martine évalue à 45 000 francs CFA le prix d’une camionnette chargée de bois et explique que cette dépense peut laisser peu de marge après la vente, voire entraîner certaines femmes dans l’endettement.

Une filière face à la concurrence

Mhope2010 — Au Bénin, les salicultrices de Djègbadji maintiennent une production artisanale sous pression
Photo : Mhope2010 · BY-SA 4.0 · via wikimedia · Vérifier la licence et la source

La commercialisation constitue un autre obstacle. Les salicultrices, parfois regroupées en coopératives comptant plusieurs centaines de membres, vendent sur les mêmes marchés locaux. L’offre peut alors se retrouver saturée, tandis que le sel industriel importé est proposé à des prix plus compétitifs.

Selon les données citées par Courrier international, la production artisanale atteint environ 4 000 tonnes par an dans les communes côtières. En 2024, le Bénin a importé près de 58 500 tonnes de sel et de chlorure de sodium pur, d’après l’Institut national de la statistique et de la démographie du pays. Martine souhaite que l’État réglemente le secteur afin de mieux valoriser le travail des productrices locales.

Le projet de Promotion du sel local xwladjè (ProSel), porté par le gouvernement et ses partenaires, vise à structurer cette activité. À Djègbadji, une unité semi-moderne a été installée ; elle a été inaugurée en mai 2026. Lors de la cérémonie, le ministre des Petites et Moyennes entreprises, Modeste Kérékou, a présenté le xwladjè comme un patrimoine économique, culturel et identitaire. Les effets de ces efforts sur les conditions de production et la vente du sel restent à établir.


Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

Voir le profil et tous les articles
POUR APPROFONDIR

Articles liés à ce sujet

Articles de la même rubrique ou associés à cette localité. Il s’agit de contenus liés, pas nécessairement de comptes rendus du même événement.

Artia13 Music