
Quand l’art prend la défense du figuier de Barbarie
Le figuier de Barbarie, une plante emblématique des paysages arides, est en danger de disparition. Eugénie Forno, artiste basée à Villeurbanne, a choisi de mettre en lumière ce paradoxe à travers son travail artistique. Elle évoque une « diplomatie du végétal », où l’art devient un moyen de sensibilisation à la fragilité de cette espèce.
Installée dans son atelier au BOB (Bâtiment Ouvert aux Bifurcations), Eugénie Forno mène une enquête sur le terrain pour comprendre les causes de la disparition du figuier de Barbarie. Cette plante, qui stocke l’eau de manière efficace et nourrit à la fois les insectes et les humains, est menacée par un insecte parasite, la cochenille sauvage. Dans les régions où cette plante prospère, l’absence de prédateurs naturels pour cet insecte, couplée à la rareté des pluies, contribue à la dégradation des cactus.
L’ironie réside dans le fait qu’une autre cochenille, domestiquée, est au cœur d’une tradition lyonnaise liée à la production de rouge carmin, un pigment qui a façonné l’histoire textile de la ville. Forno souligne cette connexion, affirmant que « Lyon est une ville historique de la soie et des teintures ».
Dans son atelier, elle accumule des œuvres allant de sculptures à des polaroïds, toutes inspirées par la matière et la forme du figuier de Barbarie en danger. Son projet, sobrement intitulé « Nature morte », vise à rendre visibles ces formes avant qu’il ne soit trop tard.
Face aux défis du réchauffement climatique, le figuier de Barbarie pourrait jouer un rôle crucial. Résistant à la sécheresse et riche en nutriments, il pourrait devenir une plante-ressource dans un futur proche, notamment à Lyon, où les températures augmentent.
Le travail d’Eugénie Forno est exposé à l’atelier du BOB à Villeurbanne, et elle partage son processus créatif sur son compte Instagram.
Source : Gérald Bouchon, Lyon Demain.





