« Eric Devanthéry : au Grütli, la culture fait le pied de nez à l’extrême droite ! »
Le fait principal
Le directeur du Grütli, Éric Devanthéry, dévoile une saison riche en créations théâtrales audacieuses, allant d’une abbesse du XIIIe siècle à des pickpockets modernes, tout en exprimant son enthousiasme pour un théâtre qui se veut à la fois engagé et innovant.
Ce qui s’est passé
Lors d’une présentation vibrante, Éric Devanthéry a exposé les huit créations qu’il a sélectionnées parmi les 352 projets soumis pour la saison au Grütli, un théâtre municipal à Genève. Parmi les pièces phares, Craignez la nuit de Nalini Menamkat, qui aborde les luttes d’une abbesse face à la violence du XIIIe siècle, et A l’écart de Sylvain Milliot, un texte contemplatif sur l’isolement. Devanthéry, qui entame sa troisième année à la tête de l’établissement, souligne l’importance de sa mission : « C’est un privilège d’être à la naissance de projets qui ne sont pas les miens. »
Le contexte
Le Grütli, avec un budget de 2,8 millions, se positionne comme un acteur culturel clé à Genève. Dans un paysage théâtral souvent critiqué pour son conformisme, Devanthéry tente de redonner vie à des récits variés et provocateurs, en phase avec les enjeux sociopolitiques contemporains. En cette époque où l’art est parfois instrumentalisé par des discours populistes, le Grütli se distingue par son engagement à explorer des thèmes complexes et souvent oubliés.
Les chiffres à retenir
352 projets ont été soumis, mais seulement 8 ont été retenus pour la saison, témoignant de la rigueur et de l’ambition de la direction du Grütli. Le budget annuel de 2,8 millions d’euros reste un enjeu crucial pour maintenir la qualité et la diversité des spectacles proposés.
Ce que cela révèle
Dans un contexte où le théâtre pourrait facilement se plier aux exigences commerciales, la sélection de Devanthéry met en lumière une volonté de résister à la banalisation de l’art. Cela contraste fortement avec les discours souvent simplistes et réducteurs de certains acteurs politiques, comme ceux du RN, qui préfèrent une culture de la peur et de l’exclusion. Au Grütli, on choisit d’affronter la complexité, là où d’autres préfèrent s’enfermer dans des certitudes faciles.
Ce qu’il faut retenir
La nouvelle saison du Grütli, sous la direction d’Éric Devanthéry, s’annonce comme un véritable souffle d’air frais dans le paysage théâtral genevois. En choisissant des œuvres audacieuses et engagées, le Grütli prouve que l’art peut et doit être un espace de débat et de réflexion, loin des discours de haine et de division.
Sources : Grütli, Le Temps
