Pourquoi il faut se méfier des annonces d’épavistes non agréés
Près de 300 000 véhicules en fin de vie échappent chaque année à la filière légale en France, au profit de réseaux d’affichage sauvage. Ces « épavistes » non agréés, omniprésents dans nos villes, représentent un réel danger pour les particuliers insuffisamment informés.
Derrière des affiches promettant de débarrasser gratuitement votre vieille voiture se cache parfois un trafic illégal pouvant exposer les particuliers à des amendes, voire à des poursuites pénales. Un homme, dont le numéro de téléphone figure sur un poteau en périphérie de Montpellier, assure : « On fait ça gratuitement », tout en reconnaissant ne pas être un professionnel agréé.
Chaque année, environ 300 000 véhicules hors d’usage échappent à la filière légale, c’est-à-dire aux centres VHU habilités, selon l’association « Recycler mon véhicule » (RMV). Ces centres, communément appelés « casses auto », sont chargés de la dépollution et du recyclage des véhicules hors d’usage. Ils sont plus de 3 500 en France et doivent fournir un certificat de destruction ainsi que procéder à l’annulation de l’immatriculation du véhicule.
Une fois récupérés par ces épavistes, les véhicules sont souvent désossés pour revendre des pièces détachées. Vanessa Montagne, directrice de RMV, souligne que « au mieux, il va trouver quelqu’un pour lui reprendre l’épave, au pire il va la laisser dans un champ, avec les polluants qui vont s’écouler ». Cela pose des risques environnementaux, mais aussi juridiques pour les particuliers. En effet, un professionnel non agréé n’a pas le pouvoir de déclarer administrativement un véhicule en destruction, ce qui peut entraîner des situations problématiques, notamment si les plaques d’immatriculation sont remises en circulation.
Les conséquences peuvent être lourdes : si le véhicule continue de rouler, le propriétaire peut recevoir des amendes pour stationnement ou excès de vitesse, et rester pénalement responsable en cas d’utilisation pour des activités illégales.
La présence de ces réseaux parallèles crée également une concurrence déloyale pour les professionnels agréés. À Béziers, un centre VHU a constaté une usurpation d’image, avec l’utilisation de leur identité pour des commandes en ligne. Cela a entraîné une perte significative de clients, estimée à 250 à 300 euros bruts par véhicule.
Opter pour la filière illégale peut avoir des conséquences pénales sévères. Faire détruire un véhicule par une entreprise non agréée est passible d’une peine d’emprisonnement de quatre ans et d’une amende de 150 000 euros, selon l’article L541-46 du Code de l’environnement.
Source : Midi Libre, « Recycler mon véhicule » (RMV)





