Des traces dans quatre sites funéraires
Les chercheurs ont analysé l’ADN ancien conservé dans les dents de 46 personnes enterrées dans quatre cimetières proches du lac Baïkal. Ils ont détecté Yersinia pestis, la bactérie de la peste, chez 18 d’entre elles. Les sépultures témoignent de deux épisodes épidémiques, dont le plus ancien remonte à environ 5 500 ans. ()
Ces résultats aident à interpréter un profil de mortalité qui intriguait les archéologues : dans l’un des sites, de nombreux enfants et adolescents étaient morts sur une période courte, sans traces de violence ou de traumatisme relevées sur les squelettes. Les auteurs de l’étude estiment que la peste pourrait expliquer ces décès. La détection de l’ADN bactérien étant susceptible de produire des résultats négatifs malgré une infection passée, ils avancent que la maladie a peut-être touché davantage de personnes que les 18 identifiées.
Avant cette étude, les plus anciennes traces souvent évoquées provenaient de communautés agricoles du nord de l’Europe, datées d’environ 5 300 ans. La découverte au Baïkal repousse donc les premières preuves connues de la peste dans des groupes de chasseurs-cueilleurs. Elle indique aussi que des épidémies ont pu survenir dans de petites communautés mobiles, et pas seulement dans des populations sédentaires plus nombreuses. ()
Une piste liée aux marmottes
Dans cette région, les marmottes sont considérées comme un réservoir animal de la peste. Les chercheurs avancent que les infections préhistoriques pourraient avoir commencé après un contact entre humains et animaux, avant que la maladie ne se transmette au sein des communautés. La marmotte de Sibérie, Marmota sibirica, est ainsi évoquée comme hôte possible de la bactérie. Cette hypothèse diffère de l’image familière de la peste médiévale, souvent associée aux rats. ()
La piste est également pertinente pour comprendre les risques actuels dans la région : selon les éléments rapportés par Le HuffPost, des cas de peste liés aux marmottes sont encore signalés en Sibérie et en Mongolie. Ces animaux sont chassés pour leur viande et leur fourrure. L’Institut de lutte contre la peste d’Irkoutsk, où travaillait la laborantine décédée, a notamment pour mission de surveiller les populations locales de rongeurs. Fondé en 1934, il témoigne de l’ancienneté de cette préoccupation sanitaire dans la région.
À Irkoutsk, des informations qui restent contestées
Le décès de Daria Chipilova, une laborantine de 28 ans, a suscité des interrogations après des informations de médias russes évoquant une possible infection par la peste pulmonaire. Selon Le HuffPost, les autorités russes ont affirmé qu’elle était morte d’une pneumonie d’origine indéterminée et ont nié la mise en place de mes sanitaires. Le média Peuples du Baïkal a, de son côté, rapporté qu’un bris d’éprouvette aurait pu être à l’origine d’une contamination. Ces éléments ne permettent pas d’établir que la jeune femme avait contracté la peste.
Le 7 octobre 2026, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a demandé des éclaircissements sur des informations faisant état d’un second employé atteint d’une pneumonie d’origine indéterminée. L’étude archéologique replace ces soupçons dans l’histoire longue de la maladie autour du Baïkal, mais elle ne confirme pas les cas signalés à Irkoutsk. ()
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Vincent Gibert



