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En Europe, les vétérinaires font face à un risque accru de suicide et au burn-out

Les vétérinaires européens sont exposés à des facteurs de stress qui peuvent peser sur leur santé mentale : contact répété avec la maladie et la mort, longues gardes, agressions et difficultés à préserver leur vie personnelle. Des études signalent aussi des niveaux préoccupants de détresse psychologique et d’idées suicidaires. Les spécialistes rappellent toutefois que le […]

À RETENIR

L’essentiel en quelques secondes

  • Les vétérinaires européens sont exposés à des facteurs de stress qui peuvent peser sur leur santé mentale : contact répété avec la maladie et la mort, longues gardes, agressions et difficultés à préserver leur vie personnelle.
  • Des études signalent aussi des niveaux préoccupants de détresse psychologique et d’idées suicidaires.
  • Les spécialistes rappellent toutefois que le […]

Une charge émotionnelle qui s’ajoute aux contraintes de travail

Soigner des animaux implique parfois d’accompagner leur fin de vie et de soutenir leurs propriétaires. Une thèse menée en Lituanie auprès de 133 vétérinaires spécialisés dans les petits animaux souligne le poids de cette responsabilité émotionnelle : près de 97 % des personnes interrogées disaient avoir éprouvé une détresse après la mort d’un animal suivi pendant plusieurs années. Ces résultats décrivent les réponses de l’échantillon étudié et ne permettent pas, à eux seuls, de mer la situation de toute la profession dans le pays. ()

À cette dimension s’ajoutent des horaires contraignants, des gardes qui empiètent sur la vie privée et des relations parfois tendues avec le public. Selon les données rapportées par Voxeurop, 60 % des vétérinaires interrogés déclaraient avoir subi une forme de violence. En France, les enquêtes citées par l’Ordre national des vétérinaires font état d’un risque de suicide estimé trois à quatre fois supérieur à celui de la population générale. ()

Les difficultés ne se limitent pas au risque suicidaire. Gonzalo Moreno, président de l’organisation vétérinaire espagnole, évoque également le burn-out, l’anxiété et la dépression. Il met en avant des salaires qu’il juge bas et une reconnaissance moindre que dans d’autres branches de la médecine. En France, les praticiens des zones rurales confrontés à des « déserts vétérinaires » peuvent, selon l’article de Voxeurop, travailler jusqu’à 80 heures par semaine ou asr des gardes de 24 heures. ()

Des chiffres à interpréter avec prudence

Une étude publiée en 2025 dans Frontiers in Veterinary Science a examiné la santé mentale, la détresse psychologique et les idées suicidaires de vétérinaires dans plusieurs pays européens. Ses auteurs relèvent des différences entre pays, notamment sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, les attentes des clients et l’accès aux services de santé mentale. L’étude ne signifie pas que tous les vétérinaires sont concernés de la même façon : les résultats varient selon les contextes nationaux et les répondants. ()

En France, une enquête publiée par l’Ordre national des vétérinaires en 2022 estimait que les praticiens étaient trois à quatre fois plus exposés au risque de suicide que la population générale et deux fois plus que les professionnels de santé humaine. Ces données constituent un signal d’alerte, mais ne démontrent pas qu’une profession serait, à elle seule, la cause d’un comportement suicidaire. ()

Le psychologue Álvaro Toledo insiste sur cette complexité : des conditions de travail persistantes, comme une charge excessive, le manque de repos ou une responsabilité élevée, peuvent aggraver d’autres difficultés personnelles. Il préconise notamment de mieux documenter les circonstances des suicides, sans réduire leurs causes à un seul facteur. ()

Des réponses encore inégales

En Pologne, un programme national de soutien psychologique a été lancé en 2025. Il donne aux vétérinaires accès à deux séances gratuites par mois ; 249 comptes avaient été créés au cours des deux premiers mois, selon les données rapportées par la publication professionnelle Życie Weterynaryjne. La même publication fait état, dans une enquête nationale, de symptômes dépressifs chez près de 36 % des répondants, de troubles anxieux chez 40 % et d’idées suicidaires au cours de l’année écoulée chez 39 %. Ces chiffres concernent les personnes interrogées et ne doivent pas être confondus avec des taux mesurés dans l’ensemble de la profession. ()

En Espagne, l’organisation vétérinaire et la Fondation Galatea prévoient une étude sur la santé et les conditions de travail des praticiens. En février 2026, l’organisation vétérinaire espagnole plaidait également pour disposer d’indicateurs plus précis et actualisés afin de mieux orienter les mes de prévention. ()


Source : Voxeurop (voxeurop.eu)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Laura López Camacho (El Confidencial), traduit par Voxeurop

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