Dans le golfe de Porto, sur la côte ouest de la Corse, la réserve naturelle de Scandola fait l’objet d’une nouvelle phase de suivi et de régulation. Après une visite d’experts mandatés par l’UICN du 10 au 12 juin 2026, l’État et l’Office de l’environnement de la Corse préparent un plan de gestion, tandis que des mesures plus contraignantes pour les activités nautiques sont envisagées à partir de 2027.

Une visite d’experts en juin, un diagnostic encore attendu

Cette mission de trois jours dans le golfe de Porto et autour de Scandola répond aux préoccupations exprimées par le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO. Celui-ci a notamment demandé des mesures contre les effets du tourisme sur la biodiversité, un plan de gestion global et un suivi renforcé des espèces protégées. Les experts ont échangé avec des élus, des professionnels du tourisme et les gestionnaires du site.
Leur visite a porté sur la fréquentation en mer, les zones de quiétude autour des nids de balbuzards pêcheurs et les secteurs sensibles. Le diagnostic détaillé de la mission n’est pas encore disponible dans les documents publics consultés. L’UNESCO doit recevoir un rapport actualisé sur l’état de conservation du bien avant le 1er décembre 2026.
Des mesures expérimentales en 2026
Pour la saison 2026, les autorités ont annoncé une phase de transition : formation environnementale des opérateurs, labellisation volontaire de professionnels, expérimentation d’un suivi numérique de la plaisance et reconduction des zones de quiétude pour les balbuzards. Le Parc naturel régional de Corse précise que ces zones peuvent évoluer selon les sites de nidification et les besoins de conservation.
Des dispositifs plus structurés — contingentement de certains secteurs, licences professionnelles et encadrement des flux — sont envisagés à partir de 2027. Leur entrée en vigueur dépend toutefois de l’aboutissement des procédures réglementaires : il ne s’agit donc pas encore de règles définitivement applicables. La réglementation actuelle reste en vigueur, notamment pour le mouillage, interdit la nuit dans toute la réserve et toute l’année dans la réserve intégrale.
Ce que disent les chiffres de fréquentation
Le rapport intermédiaire remis par l’État à l’UNESCO en janvier 2026 apporte des repères plus précis que l’affirmation de « cinq millions de touristes par an » reprise dans l’article source, qui n’est pas étayée par les données officielles consultées. Dans le périmètre étudié, la fréquentation nautique moyenne en haute saison est passée de 362,75 bateaux par jour en 2021 à 217 en 2025. Les visiteurs des navires de promenade en mer étaient, eux, 139 000 en 2024, contre 159 000 en 2023. Ces chiffres ne mesurent pas le nombre total de personnes qui visitent l’ensemble du golfe.
La réserve elle-même couvre 919 hectares terrestres et 604 hectares marins, dont 70 hectares en réserve intégrale, selon le Parc naturel régional de Corse. Elle a été créée par décret le 9 décembre 1975 et le site du golfe de Porto, qui comprend aussi les calanques de Piana et le golfe de Girolata, est inscrit au patrimoine mondial depuis 1983.
Ce qui reste à préciser
Le plan de gestion, préparé par l’Office de l’environnement de la Corse avec l’État, doit encore être finalisé et transmis à l’UNESCO. Les conclusions de la mission de juin et le contenu définitif des futures règles de fréquentation permettront de savoir ce qui changera concrètement pour les bateliers, les plaisanciers et les autres usagers de la mer en Corse-du-Sud et en Haute-Corse.
Sources de contexte : rapport intermédiaire de l’État à l’UNESCO, Office de l’environnement de la Corse et Parc naturel régional de Corse.
Source : Corse – L'actualité en continu – actu.fr
Article original : Consulter la source originale







