En Bolivie, aucun cas d’Alzheimer détecté chez 700 seniors tsimans et mosetenes
Les Tsimanés et les Moseten, deux peuples vivant dans la forêt amazonienne de Bolivie, présentent des taux de démence nettement inférieurs à ceux observés en Europe et aux États-Unis, selon une étude rapportée le 28 septembre 2026. Les chercheurs n’y ont pas relevé de signes de maladie d’Alzheimer parmi les personnes examinées. Leur mode de vie pourrait contribuer à cette différence, mais les éléments présentés ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet.
Une étude menée auprès de personnes de plus de 60 ans
Environ 16 000 Tsimanés et Moseten vivent dans de petits villages, selon la présentation de l’étude. Parmi eux, 700 personnes âgées de plus de 60 ans ont participé à un suivi qui a duré près de cinq ans.
Les chercheurs, une équipe américaine réunissant des anthropologues, des biologistes et des médecins, rapportent des taux de démence trois à quatre fois plus faibles que ceux mesurés chez les Européens ou les Américains. Ils indiquent également n’avoir observé, dans les groupes étudiés, ni les symptômes cliniques ni les biomarqueurs associés à Alzheimer. La maladie se distingue notamment par des troubles marqués de la mémoire et peut être étudiée à l’aide de marqueurs comme les peptides bêta-amyloïdes.
Un vieillissement déjà étudié
Ces résultats s’inscrivent dans la continuité de travaux antérieurs sur le vieillissement des Tsimanés. Des recherches cardiovasculaires avaient relevé chez eux un risque particulièrement faible de maladie coronarienne. D’autres études avaient estimé que leur volume cérébral diminuait en moyenne 70 % plus lentement que celui des populations occidentales.
La nouvelle étude s’intéresse plus précisément à la démence et à la maladie d’Alzheimer. Elle apporte un nouvel élément à l’observation d’un vieillissement en bonne santé chez ces populations, sans pour autant expliquer à elle seule les mécanismes en jeu.
Le mode de vie, une piste étudiée
Les chercheurs ont aussi examiné des facteurs génétiques. Ils ont relevé la présence de la variante APOE epsilon 4, associée à un risque accru de démence ou de troubles cognitifs légers. La présentation de l’étude ne désigne toutefois pas la génétique comme l’explication principale des faibles taux observés.
Le mode de vie constitue une autre piste. Des études antérieures indiquaient que les Tsimanés consacrent seulement 10 % de leur temps éveillé à des activités sédentaires. Leur alimentation, décrite comme riche en fibres et pauvre en produits transformés, ainsi que leur activité physique pourraient jouer un rôle. La source avance également que l’obésité, l’hypertension et le diabète sont moins présents dans ces populations.
Ces caractéristiques sont présentées comme des facteurs susceptibles de contribuer à leur protection contre Alzheimer. Elles ne démontrent pas que le mode de vie explique, à lui seul, l’absence de cas rapportés dans l’étude.
Source : Écologie (www.radiofrance.fr)
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