Emmanuel Tjibaou, député : « Un message adressé au gouvernement français »

À la sortie du Palais Bourbon, le 2 avril, le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou a réagi à l’adoption de la motion de censure qu’il portait, saluant « toutes les forces de gauche qui ont permis de rejeter ce texte qui n’avait d’accord que le nom ». Le président de l’Union calédonienne voit cet acte comme une « étape importante » et un message à ceux qui pensent que la Calédonie se construira en opposant les uns aux autres.

« On a la force de croire que c’est par la conjugaison du ‘nous’, peuple colonisé et victimes de l’histoire, que cela se fera. C’est un message adressé au gouvernement français par les parlementaires, de respecter la parole de l’État engagée depuis 1983 sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et l’abolition du fait colonial. »

Interrogé sur la suite, Tjibaou a indiqué avoir demandé la tenue des élections provinciales d’ici fin juin, dans le cadre d’un corps électoral gelé, jugé « légitime » par le Conseil constitutionnel. « À partir de là, le débat démocratique s’en trouvera renouvelé et la légitimité des partenaires autour de la table des discussions s’en trouvera confortée. »

Nicolas Metzdorf, député : « Toutes les options sont sur la table »

Dans l’autre camp, le député Nicolas Metzdorf a pris acte du rejet du texte, déplorant que ceux qui l’ont permis « nous renvoient chez nous, en n’ayant même pas le débat ». « Chaque Calédonien se demande : ‘qu’est-ce qu’on va devenir ?' » a-t-il affirmé, évoquant une « perte d’espoir » au sein de la population.

Désormais, « toutes les options sont sur la table », juge le député non-indépendantiste. Il a listé les possibilités : « 1. Consultation des Calédoniens 2. Provinciales avec ouverture du corps électoral 3. Provinciales avec corps électoral gelé. » Il participera à la réunion organisée la semaine prochaine par Sébastien Lecornu à Matignon.

Georges Naturel, sénateur : « Des solutions existaient »

Le sénateur Georges Naturel a dressé un constat amer sur la situation actuelle. « Tout ça pour ça. Des mois de blocage et des mensonges politiques. Aujourd’hui, la vérité est brutale : la Nouvelle-Calédonie a été sacrifiée. » Il souligne que l’avenir institutionnel ne pourra pas être réglé avant les prochaines élections présidentielles et législatives, renvoyant la solution « au second semestre 2027 ».

Pour lui, des solutions simples et réalistes existaient : organiser rapidement des élections provinciales et rouvrir le dialogue pour construire un accord solide.

Les Loyalistes : « Nous refuserons catégoriquement des provinciales avec un corps électoral gelé »

Le mouvement non-indépendantiste Les Loyalistes a exprimé son mécontentement face à la décision des députés, regrettant qu’ils aient « majoritairement refusé aux Calédoniens le droit de choisir leur avenir ». Ils insistent sur la nécessité d’organiser des élections provinciales, mais refusent que cela se fasse avec un corps électoral gelé.

Philippe Gomès, président de Calédonie ensemble : « Le seul moyen pour éviter que l’histoire ne bégaye »

Philippe Gomès a réagi au rejet du projet de loi, y voyant une alternative à un retour des violences en Nouvelle-Calédonie. Selon lui, « il ne peut y avoir de solution sur l’avenir du Pays sans consensus ».

Éveil océanien : « Le dossier calédonien est désormais instrumentalisé »

Le parti présidé par Milakulo Tukumuli défend toujours l’accord de Bougival, malgré sa fragilisation. Ils soulignent que la situation nationale complique encore les choses et que le dossier calédonien est désormais instrumentalisé dans le jeu politique.

Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer : « C’est inédit et c’est grave »

La ministre des Outre-mer a déploré que le texte ait été écarté sans examen. « C’est inédit et c’est grave », a-t-elle déclaré, rappelant les mois de travail consacrés à ce texte. Elle a également affirmé que « rien n’est terminé » et que le travail continuera.

Sébastien Lecornu, Premier ministre : « Ni immobilisme, ni passage en force »

Le Premier ministre a qualifié la motion de Tjibaou de « motion de mépris ». Face à ce « blocage inédit », il a affirmé que le gouvernement prendra ses responsabilités.

Association Un Cœur, une voix

L’association, mobilisée depuis 2017 pour l’ouverture du corps électoral, a manifesté pour plaider en faveur du vote du projet de loi. Dans un communiqué, elle insiste sur le fait que le dégel est une nécessité démocratique et sociale.


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