L’entreprise d’acier rapide Erasteel, annonce la suppression de 190 postes sur 244, soit 80% de ses effectifs

Économie de la déraison : Erasteel, la faillite d’une souveraineté

À Commentry (Allier), l’entreprise Erasteel, pilier industriel depuis 1846, s’apprête à licencier 190 salariés, soit 80 % de ses effectifs. Une décision qui soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

La réalité est cruelle : Erasteel, autrefois fleuron de la production d’acier rapide, se voit désormais sacrifiée sur l’autel de la rentabilité. Vendu en 2023 au fonds d’investissement Syntagma Capital, l’entreprise se retrouve au cœur d’un tourbillon économique où la logique du profit prime sur l’humain. Mais que signifie vraiment cette décision pour la région et pour la France ?

Ce qui se passe réellement

Dorian Durban, délégué syndical CGT, ne cache pas son incompréhension : « Pour l’acier rapide, nous pouvons l’entendre, car il y a une énorme concurrence. Mais en ce qui concerne le recyclage, il y a beaucoup de commandes. » En effet, Erasteel est l’un des rares acteurs en France à recycler des piles et des catalyseurs pétroliers. La fermeture de l’usine serait donc non seulement un coup dur pour les employés, mais également une atteinte à la souveraineté nationale. Qui aurait cru qu’en plein discours sur la réindustrialisation, l’État choisisse de fermer une entreprise stratégique ?

Pourquoi ça dérange

Les répercussions sont d’autant plus inquiétantes qu’une nouvelle entreprise, subventionnée à hauteur de 31 millions d’euros par l’État, s’apprête à voir le jour en Savoie, proposant les mêmes services. Dorian Durban qualifie cette situation d’« aberration ». Comment justifier des fonds publics pour une entreprise qui, en plus, engendre des risques industriels majeurs ? Les habitants de Savoie, eux, ne sont pas dupes. Ils craignent les conséquences d’un statut Seveso seuil haut, synonyme de dangers accrus. La logique économique semble ici inversée : on subventionne l’inaction et on sanctionne l’effort.

Ce que ça révèle

Cette situation met en lumière les incohérences d’un système où les discours sur l’emploi et la réindustrialisation se heurtent à la réalité des choix politiques. Comment l’État peut-il prôner le soutien à l’industrie tout en laissant mourir des entreprises historiques ? Les commerçants de Commentry, eux, s’inquiètent : « L’usine représente parfois la moitié de notre clientèle. » Une communauté entière est en jeu, et les décisions d’un fonds d’investissement semblent primer sur la vie des gens.

Lecture satirique

On pourrait presque en rire si la situation n’était pas aussi tragique. D’un côté, le gouvernement se drape dans des discours sur la souveraineté économique, et de l’autre, il laisse des fonds d’investissement étrangers décider de l’avenir de nos usines. Le paradoxe est saisissant : un État qui se prétend protecteur mais qui, en réalité, favorise la délocalisation et le licenciement. Pendant ce temps, la question de l’emploi se transforme en un véritable jeu de chaises musicales, où les perdants sont toujours les mêmes.

À quoi s’attendre

La mobilisation des habitants et des syndicats est un signe d’espoir. Une marche solidaire est prévue, réunissant des acteurs politiques et économiques locaux. Mais jusqu’où cela suffira-t-il ? Les promesses de réindustrialisation ne seront-elles qu’un mirage si les décisions continuent d’être dictées par des logiques financières ? Le combat pour la sauvegarde d’Erasteel est loin d’être terminé, mais il est révélateur d’un malaise plus profond dans notre société.

Sources

Source officielle

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L’entreprise d’acier rapide Erasteel, annonce la suppression de 190 postes sur 244, soit 80% de ses effectifs
Source : www.humanite.fr
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