
Eau, biosignature et éclair : le bilan des cinq ans du rover Perseverance sur Mars
Depuis cinq ans, le rover Perseverance nous éclaire sur la géologie de Mars et les anciennes conditions de la Planète rouge. Les recherches se multiplient pour déterminer si Mars aurait pu abriter la vie par le passé. La dernière étude en date a été publiée en mars 2026, mettant en lumière les découvertes réalisées par SuperCam, un des instruments principaux du rover.
Le 18 février 2026, nous avons célébré le cinquième anniversaire de l’atterrissage de Perseverance dans le cratère de Jezero. Suite au succès du rover Curiosity, la NASA a lancé la mission « Mars 2020 ». Après un voyage de plus de six mois, Perseverance a atterri avec de nombreux instruments, dont SuperCam, marquant le début d’une nouvelle ère d’exploration martienne, axée sur la recherche de traces de vie ancienne et la collecte d’échantillons destinés à un retour sur Terre.
Le cratère Jezero a été choisi pour son ancien delta de rivière, bien préservé, et ses signatures de carbonates, des minéraux formés par l’interaction des roches avec l’eau et le dioxyde de carbone (CO₂). Ces éléments sont des témoins précieux des conditions passées sur Mars, indiquant que l’eau a joué un rôle crucial dans l’histoire de ce site.
Sur Terre, les lacs et les deltas sont des environnements propices à la préservation de molécules organiques. Le site de Jezero offre donc un enregistrement d’un environnement favorable à l’émergence de la vie. Au cours des trois premiers mois de la mission, tous les instruments du rover ont été activés, permettant de collecter des données précieuses. Ce début de mission a été marqué par le premier vol historique du drone Ingenuity le 19 avril 2021, prouvant la faisabilité des vols motorisés dans l’atmosphère martienne.
Parmi les instruments embarqués, SuperCam est essentiel. Développé en collaboration entre la France et les États-Unis, il combine plusieurs spectromètres pour analyser la composition chimique et minéralogique de la surface de Mars. SuperCam a également acquis un panorama d’une butte nommée Kodiak, confirmant que le delta est constitué de sédiments transportés par une rivière.
Quinze mois après, Perseverance a atteint le pied du delta, où SuperCam a découvert du quartz, un élément que l’on pensait lié à des processus volcaniques, mais qui pourrait être le résultat d’un impact de météorite ayant permis la circulation d’eau chaude.
Les analyses géologiques ont révélé que les roches volcaniques et les formations d’olivine proviennent probablement de sources magmatiques distinctes. Des échantillons de ces roches, s’ils sont ramenés sur Terre, permettront de mieux comprendre leur formation et leur relation avec le lac.
En 2024, Perseverance a détecté des carbonates en grande quantité, confirmant les observations orbitales. Ces sédiments pourraient avoir piégé du carbone atmosphérique, enrichissant notre compréhension du cycle du carbone martien et de son influence sur l’habitabilité passée de la planète.
Des traces potentielles de biosignatures ont également été repérées, suggérant des processus biologiques. Une étude récente a révélé un environnement fluvial enfoui sous le delta, indiquant que de l’eau circulait sur Mars il y a plus de 3,7 milliards d’années.
Perseverance a également étudié l’atmosphère martienne, observant une aurore diffuse et enregistrant des sons de l’atmosphère. Des décharges électriques, semblables à des éclairs, ont été détectées, fournissant des informations sur la dynamique atmosphérique.
Après avoir parcouru 43 km et analysé près de 1 500 roches martiennes, Perseverance explore désormais la bordure du cratère de Jezero, où se trouvent des terrains vieux de plus de 3,8 milliards d’années. Ces recherches devraient révéler des éléments cruciaux sur les conditions environnementales de la Planète rouge à ses débuts.
Source : NASA/JPL



