Avec Spirales, son 16e disque, Dominique A revient aux guitares électriques tout en puisant dans ses souvenirs de jeunesse. L’album mêle récits personnels et préoccupations politiques, des effets des écrans à la crainte de la guerre. Sa parution s’inscrit aussi dans une période de controverse autour de prises de position du chanteur.

Un album nourri de souvenirs

Le passé est au cœur de Spirales. Dominique A y évoque Provins, où il a grandi jusqu’à l’adolescence, et retrouve en chansons des amis de cette époque. Il revient également sur ses débuts à Nantes et sur Picasso Y Los Simios, un groupe de new wave qu’il avait alors croisé.
Cette démarche prolonge un fil autobiographique déjà présent dans Y revenir, son livre paru en 2012, consacré notamment à son retour à Provins. Mais le chanteur explique avoir abordé le nouvel album dans une autre posture que celle de Le monde réel, son précédent disque studio, où il se présentait davantage comme un narrateur extérieur.
Les souvenirs prennent forme sur un ensemble de 16 morceaux où les guitares occupent une place centrale. Le projet s’est construit avec les musiciens qui avaient accompagné Dominique A en tournée : le contrebassiste Sébastien Boisseau, le batteur Étienne Bonhomme et le claviériste Julien Noël.
Des guitares rugueuses, des morceaux contrastés
Le son de Spirales s’appuie sur la distorsion et une énergie rock directe. Dominique A situe une première impulsion en 2019, lors d’un concert partagé avec Mark Long, chanteur du groupe britannique The Opposition, qui a influencé son parcours. L’expérience lui a donné le goût d’un jeu plus brut, porté par les guitares et la batterie.
Cette rudesse n’épuise toutefois pas les possibilités de l’album. Des passages plus contemplatifs, comme « Longueville », côtoient des boucles de batterie nerveuses et des montées post-rock, notamment dans « 39 rue Sainte-Croix ». Le disque alterne ainsi tension et accalmie, sans se limiter à une seule couleur sonore.
Écrans, guerre et prises de position
Les textes abordent aussi des inquiétudes contemporaines. « Coltan » évoque l’exploitation minière liée à la fabrication des smartphones ; « Shining à 12 ans » s’intéresse à l’accès des adolescents à des images violentes par leur téléphone. L’album exprime également une préoccupation face à la guerre et à la place envahissante des écrans dans la vie quotidienne.
La dimension politique se fait plus directe dans « Bromure ». Dominique A y imagine qu’un peu de bromure « en haut lieu » pourrait rendre le monde moins dur. Le chanteur, qui se situe à gauche sans se définir habituellement comme un artiste engagé, avait aussi annoncé en avril 2026 son intention de boycotter les boutiques Relay et de ne plus se produire à l’Olympia ni au Casino de Paris, qu’il associe à Vincent Bolloré.
La sortie de l’album intervient enfin dans un contexte de polémique sur les réseaux sociaux. Une interview accordée à Paris Match, titrée sur le site du magazine par une formule critique envers La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon, a suscité une vague d’attaques en ligne, selon le récit de RFI. Dominique A devait publier une mise au point rappelant son opposition au Rassemblement national. Il se disait également de gauche, tout en exprimant son malaise face au culte du chef au sein de LFI.
Publié le 5 novembre 2026, Spirales réunit ainsi retour sur soi, guitares électriques et commentaires sur le présent, alors que son auteur se retrouve exposé à une polémique qu’il n’avait pas connue de cette ampleur en près de 35 ans de carrière.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : Bastien Brun







