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Salariés et lycéens dans la rue : une mobilisation d’ampleur à travers la France

La journée interprofessionnelle du jeudi 5 novembre a réuni salariés et lycéens dans les rues de France, sur fond de revendications sociales et de préoccupations autour des violences policières. Les estimations de participation divergent fortement : la CGT avance près de 1,6 million de manifestants, dont 350 000 à Paris, tandis que le ministère de l’Intérieur en comptabilisait près de 600 000 dans le pays à 17 heures, selon un décompte provisoire.

A vibrant street view in Montmartre, Paris with a tour train and bustling crowd.
Candelario Benítez · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Des revendications diverses, un même cortège

Women's rights march in Harare, Zimbabwe with banners promoting gender equality and human rights.
Noah Denhe · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

CFDT, CGT, FO, FSU et Unsa avaient appelé à la grève et aux manifestations, dans le public comme dans le privé. Il s’agissait du premier appel de ce type depuis la rentrée. Fixée début octobre, la date s’inscrivait dans un contexte de contestation lycéenne, apparue dès la mi-septembre.

Les jeunes mobilisés réclament notamment de meilleures conditions d’études et dénoncent les incertitudes liées à Parcoursup. Dans les cortèges, ces demandes se sont mêlées à celles des salariés : hausse des rémunérations, revalorisation du SMIC, défense des services publics et justice fiscale. Des manifestants ont aussi exprimé leur inquiétude face aux restrictions de la liberté de manifester et aux violences policières.

À Paris, l’Orchestre du Nouveau Monde a joué place de la République, où il avait dû interrompre sa prestation le 17 octobre à cause des gaz lacrymogènes. Cette fois, ses morceaux ont accompagné le rassemblement dans une ambiance décrite comme bon enfant. L’orchestre a salué l’alliance entre la jeunesse et les syndicats, tandis que des participants espéraient voir leurs mobilisations converger durablement.

Les lycéens mettent en avant les inégalités scolaires

Après une matinée de blocus, des élèves de Montreuil, Vincennes et Romainville ont rejoint le défilé parisien. Violette, en terminale au lycée Eugénie-Cotton de Montreuil, a dénoncé les difficultés d’accès aux formations artistiques : certains élèves, explique-t-elle, doivent effectuer deux heures de trajet, tandis que le coût du matériel constitue un obstacle supplémentaire.

Une lycéenne de Romainville a décrit des cours dans des préfabriqués sans chauffage et des toilettes inondées. Une élève de Vincennes, dont l’établissement est plus favorisé selon elle, est venue soutenir les lycées de banlieue. Plusieurs jeunes ont également dénoncé ce qu’ils perçoivent comme une infantilisation et la répression policière. Ils ont contesté la représentation de leur mouvement par certains médias, qu’ils jugent trop centrée sur les affrontements.

Salariés du public et du privé mobilisés

La manifestation a aussi rassemblé des personnels de l’éducation, de la santé et de l’accompagnement des élèves en situation de handicap. Des AESH réclament de meilleurs salaires et un statut de fonctionnaire de catégorie B. Dans un établissement de Champigny-sur-Marne cité par l’une d’elles, six AESH accompagnent vingt enfants ayant besoin d’un suivi. Mariam Touré a indiqué percevoir 1 030 euros nets par mois et a souligné les difficultés de recrutement.

Hugo, professeur contractuel dans l’académie de Versailles, participait pour la première fois à une manifestation. Il a expliqué que perdre une journée de salaire rendait la grève difficile, tout en disant vouloir soutenir les lycéens. Des soignants de la Pitié-Salpêtrière ont, eux, fait le lien entre leurs préoccupations et celles d’autres secteurs, notamment autour des salaires et du manque de personnel.

Dans le privé, Ken Armede, électricien chez Stellantis à Poissy, a défilé avec une vingtaine de collègues. Ils demandent 450 euros supplémentaires par mois. Alexandre Prévost, ouvrier et délégué CGT chez West Pharma, est venu de l’Aisne, évoquant le coût de la vie et son soutien aux lycéens.

À Paris, un parcours encadré et des incidents signalés

Le parcours parisien a été fixé après un recours de l’intersyndicale contre l’interdiction du trajet initialement souhaité entre Bastille et Concorde. La justice a rejeté ce recours. Le cortège est parti de la place de la République en direction de Nation, par le boulevard Voltaire. Au total, 70 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés dans le pays.

La préfecture de police a fait état de dégradations commises par des individus cagoulés. Des journalistes de l’AFP ont également rapporté des tirs de gaz lacrymogènes, des charges et des coups de matraque, ainsi que la prise en charge de plusieurs personnes blessées à la tête par des street medics.

Avant la fin de la journée, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une conférence sociale à Matignon, lundi, avec les syndicats et le patronat. La mobilisation, présentée comme la plus importante sur une journée depuis le début de l’automne social, a ainsi réuni des publics et des secteurs aux revendications différentes, mais souvent liées aux salaires, aux conditions de travail et aux services publics.


Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)

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Auteur : Aurore Lartigue

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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