
Désinformation climatique et guerre informationnelle : enjeux sécuritaires et ingérences étatiques
La guerre informationnelle, caractérisée par son évolutivité, adapte ses stratégies aux environnements sociaux et politiques pour influencer les opinions publiques. Les changements climatiques, en tant que sujet d’actualité, sont désormais intégrés dans ce cadre de manipulation informationnelle.
Bien que l’intégration des questions climatiques dans les ingérences étrangères soit récente, la manipulation de l’information climatique est une pratique ancienne. La désinformation climatique contemporaine se distingue par la diversité des acteurs impliqués : en plus des entreprises des énergies fossiles, on trouve désormais des géants de la technologie et des acteurs étatiques. De 2024 à 2026, la désinformation climatique a représenté en moyenne 7,7 % des contenus de désinformation identifiés dans l’Union européenne.
La manipulation de l’information climatique englobe diverses pratiques, avec des nuances selon le degré d’intentionnalité. L’Union européenne fait une distinction entre la « mésinformation », qui est la diffusion de contenus faux sans intention de nuire, et la « désinformation », qui est intentionnellement trompeuse et peut avoir des conséquences néfastes.
Cette analyse s’inscrit dans le cadre des travaux de l’Observatoire Défense et climat, qui étudie l’intégration des changements climatiques dans les dynamiques de guerre hybride. Elle vise à examiner l’instrumentalisation de l’information climatique par des puissances étrangères, en considérant les enjeux climatiques comme un nouvel objet de la guerre informationnelle. Un panorama des principaux acteurs étatiques, notamment la Russie et les États-Unis, ainsi que leurs interactions avec des acteurs non étatiques, sera présenté. L’analyse portera également sur les conséquences sécuritaires de cette désinformation, avec des recommandations destinées au ministère des Armées.
Source : Observatoire Défense et climat.




