Des chercheurs australiens ont réalisé une découverte étonnante : des traces de sang de dinosaure vieux de 115 millions d’années auraient été mises en évidence dans un os fossile. L’étude, menée par une équipe de l’université Curtin à Perth, met en lumière des éléments biologiques d’un temps révolu, révélant ainsi des mécanismes de préservation inédits.

Ce qui s’est passé

Le 2 novembre 2026, les conclusions d’une analyse sur un fossile d’ Aratasaurus museunacionali, un dinosaure carnivore mesurant environ trois mètres de long et vivant dans le nord-est du Brésil au Crétacé, ont été publiées dans la revue PNAS. Les os de ce prédateur juvénile, extrait d’une mine de gypse de l’État du Ceará en 2008, ont été surnommés « lézard né du feu », une référence tragique à l’incendie dévastateur de 2018 qui a ravagé le Musée national de Rio de Janeiro, où le fossile était en étude.
Ce que l’on sait
Pour explorer cet échantillon, les chercheurs ont utilisé un microscope électronique et ont observé des structures ellipsoïdes, semblables à des globules rouges, à l’intérieur des canaux vasculaires de l’os. Des analyses chimiques ont confirmé la présence d’hème B, une molécule composante de l’hémoglobine, ainsi que d’un de ses dérivés. De plus, des acides aminés associés au collagène ont également été identifiés dans ces vestiges polémiques.
Les éléments à retenir
Kliti Grice, géochimiste et principal auteur de l’étude, a qualifié cette détection de molécules dérivées de l’hème comme étant « stupéfiante ». Elle souligne l’importance de la combinaison entre ces structures observées et les preuves chimiques disponibles, arguant que ce niveau de préservation de tissus biologiques fossiles est exceptionnel.
Les chercheurs avancent que l’hypothèse d’une protection de l’os par un minéral appelé hausmannite, un oxyde de manganèse, pourrait expliquer cette conservation. Cette protection pourrait avoir été renforcée par l’action de microbes côtiers.
La suite
Toutefois, cette étude suscite des débats. Mary Schweitzer, professeur émérite à la North Carolina State University et non impliquée dans cette recherche, a exprimé son scepticisme quant à la solidité des résultats concernant ces globules rouges. En revanche, Mauricio Barbi, chercheur à l’université de Regina, les considère comme des preuves valables de cellules sanguines minéralisées.
Il est important de noter que l’équipe australienne avait déjà fait parler d’elle en 2017 en annonçant la découverte de cellules sanguines fossiles dans une vertèbre d’Ichthyosaurus datant de 183 millions d’années. Cette nouvelle identification de l’hème renforce leurs conclusions, mais seul un laboratoire indépendant pourra valider ces résultats et mettre fin à l’incertitude qui plane autour de cette découverte fascinante.
Source : Les Numériques – Toute l’actualité, les tests et dossiers, les bons plans de la catégorie Science & Espace (www.lesnumeriques.com)
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Auteur : Aymeric Geoffre-Rouland







