C’est un projet de loi technique que les élus du Congrès ont adopté à l’unanimité, ce mardi 17 février, mais qui a des conséquences non négligeables pour les employeurs et les salariés. Le texte vient en effet adapter le droit du travail et la protection sociale, dans un contexte de crise économique et budgétaire post-émeutes, en instaurant, d’une part, une présomption de démission en cas d’abandon de poste par le salarié, ainsi qu’un délai de carence afin de lutter contre les arrêts médicaux abusifs. L’aboutissement d’une concertation avec les partenaires institutionnels et sociaux, notamment le Conseil du dialogue social (CDS) et les organisations patronales et syndicales. « Il est le fruit d’un consensus« , insiste Gil Brial (Intergroupe Loyalistes), rapporteur du projet de loi, ajoutant que seul le syndicat FO s’y est opposé.

Présomption de démission en cas d’abandon de poste

Aujourd’hui, en cas d’absence injustifiée et prolongée d’un salarié, l’employeur doit prendre l’initiative de la rupture du contrat. Une procédure longue et compliquée. En outre, en se faisant licencier, le salarié peut toucher le chômage, une indemnisation à laquelle ne peut prétendre celui qui démissionne. Le projet de loi propose que le salarié qui abandonne son poste doive justifier son absence et reprenne le travail, auquel cas il sera considéré comme démissionnaire.

Un délai de carence

Un délai de carence – c’est-à-dire le temps entre le début de l’arrêt maladie et le début du droit à percevoir des indemnités journalières – est également institué, afin de lutter contre l’absentéisme médical abusif pour les arrêts d’une journée, « ce qu’on appelle l’absence du lundi ou du vendredi, précise Gil Brial. À partir d’un certain nombre d’absences, vous n’êtes pas indemnisés les premiers jours. » Il est prévu que l’indemnisation soit effective à partir du quatrième jour de l’arrêt pour la troisième absence. Sont exemptés les cas spécifiques suivants : congé maternité, longue maladie, hospitalisation, évasan, accident du travail ou maladie professionnelle, etc.

Gil Brial (Intergroupe Loyalistes), rapporteur du projet de loi, a défendu le texte lors de la séance du Congrès mardi 17 février. Photo A.-C.P.

Un des objectifs ? Réaliser des économies. Selon la Cafat, cette mesure aurait permis, en 2024, de ne pas engager 162 millions de francs de dépenses. « Quand le jour de carence a été mis en place dans la fonction publique, on a pu noter une baisse d’environ 30 % de ces mini-absences« , relève Gil Brial.

« Un texte attendu »

Ce projet de loi était « un texte attendu par le monde du travail« , justifie Naïa Wateou, membre du gouvernement en charge du travail et de l’emploi. « Un salarié qui abandonne son poste désorganise l’entreprise, bloque un recrutement et a le droit au chômage, c’est incohérent et inacceptable« , abonde Nadine Jalabert, pour le Rassemblement. « La recrudescence de cas d’absentéisme au travail représente un coût, estime Inès Kouathe, pour le compte de l’UNI. Le projet de loi vient remédier à ces difficultés et permet de maîtriser les dépenses publiques.« 

Dans son intervention, Maria Waka (UC-FLNKS et Nationalistes) a cependant exprimé des craintes, même si le groupe a voté pour. « Il faut faire attention, le délai de carence peut fragiliser les personnes déjà précaires. Des absences injustifiées peuvent révéler des situations plus compliquées. Il est essentiel que les réponses apportées à la crise ne se traduisent pas par un recul durable des droits sociaux. » Ce n’est pas le cas, assure Gil Brial. Il s’agit « d’empêcher les abus et non d’affaiblir la protection des droits des salariés« .

Une évaluation obligatoire de ces deux mesures est prévue au plus tard le 31 décembre 2027 par les services du gouvernement.

Prolongation de l’allocation exceptionnelle de maintien à l’emploi

Face à la situation, 2 500 chômeurs étaient enregistrés au 31 janvier selon les chiffres de la Cafat, indique Naïa Wateou, le gouvernement a décidé de prolonger l’allocation exceptionnelle de maintien à l’emploi, qui devait prendre fin au 31 décembre 2025, jusqu’au 31 juillet 2026. « Nous disposons des fonds nécessaires« , explique la membre de l’exécutif. Le dispositif représente une enveloppe mensuelle d’un montant entre 110 et 150 millions de francs. « Cette prolongation était attendue. Ce sont un peu plus de 290 entreprises qui continuent d’être accompagnées et, derrière elles, des milliers d’emplois.« 

Démission ou pas : le nouveau projet de loi qui fait grincer des dents

Le Congrès a adopté à l’unanimité un projet de loi qui, sous couvert de modernisation, pourrait bien fragiliser les droits des travailleurs. Une belle manœuvre pour faire des économies sur le dos des salariés ?

Ce qui se passe réellement

C’est un projet de loi technique que les élus du Congrès ont adopté à l’unanimité ce mardi 17 février, mais qui a des conséquences non négligeables pour les employeurs et les salariés. Le texte vise à adapter le droit du travail et la protection sociale dans un contexte de crise économique et budgétaire post-émeutes. En instaurant, d’une part, une présomption de démission en cas d’abandon de poste par le salarié, et, d’autre part, un délai de carence pour lutter contre les arrêts médicaux abusifs, le gouvernement semble vouloir jouer les héros de la rationalisation. Gil Brial (Intergroupe Loyalistes), rapporteur du projet, insiste sur le consensus, ajoutant que seul le syndicat FO s’y est opposé.

Présomption de démission en cas d’abandon de poste

Actuellement, en cas d’absence injustifiée prolongée, l’employeur doit prendre l’initiative de rompre le contrat, une procédure longue et compliquée. Avec le nouveau projet de loi, un salarié qui abandonne son poste devra justifier son absence et reprendre le travail, sinon il sera considéré comme démissionnaire. Une belle manière de dire aux salariés : « Si vous partez, tant pis pour vous ! »

Un délai de carence

Le projet introduit également un délai de carence pour les arrêts maladie, afin de lutter contre l’absentéisme médical abusif. Gil Brial évoque les « absences du lundi ou du vendredi » comme un fléau à éradiquer. À partir de la troisième absence, l’indemnisation ne sera effective qu’à partir du quatrième jour. Les cas spécifiques comme le congé maternité ou les accidents de travail sont exemptés, mais qui peut vraiment se réjouir de cette mesure ?

Pourquoi cela dérange

Ce projet de loi, présenté comme une réponse à la crise, soulève des inquiétudes. En effet, la présomption de démission pourrait fragiliser des salariés déjà en situation précaire, et le délai de carence pourrait aggraver les difficultés des plus vulnérables. Maria Waka (UC-FLNKS et Nationalistes) a exprimé des craintes sur le fait que ces mesures pourraient entraîner un recul durable des droits sociaux. Mais rassurez-vous, Gil Brial assure qu’il s’agit « d’empêcher les abus », comme si les travailleurs étaient tous des fraudeurs en puissance.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences directes de ces mesures pourraient être désastreuses pour les salariés. En rendant la démission presque inévitable en cas d’absence prolongée, le gouvernement pourrait créer un climat de peur au travail. Les employés pourraient hésiter à prendre des congés maladie, de peur de perdre leur emploi ou de ne pas être indemnisés.

Lecture satirique

Le discours politique autour de ce projet de loi est un véritable festival de contradictions. D’un côté, on nous parle de la nécessité de protéger les droits des travailleurs, et de l’autre, on met en place des mesures qui pourraient les fragiliser. C’est un peu comme dire à quelqu’un : « Ne t’inquiète pas, je vais te protéger, mais je vais aussi te mettre un cadenas sur la porte. »

Effet miroir international

En regardant au-delà de nos frontières, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec des politiques autoritaires ailleurs dans le monde. Aux États-Unis, par exemple, certaines mesures similaires ont été mises en place sous couvert de « protection des travailleurs », mais ont souvent eu l’effet inverse. La question se pose : ces lois sont-elles vraiment là pour protéger les salariés ou pour renforcer le contrôle des employeurs ?

À quoi s’attendre

Si ces mesures sont mises en œuvre, il est à craindre que la précarité des travailleurs s’aggrave. Les évaluations obligatoires de ces mesures, prévues pour 2027, semblent bien loin pour ceux qui souffrent déjà aujourd’hui.

Sources

Source : www.lnc.nc

Le Congrès valide la présomption de démission en cas d’abandon de poste
Visuel — Source : www.lnc.nc
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