Démarchage téléphonique : la loi du 11 août, un « progrès » pour les pros du RN !
Le fait principal
Malgré la mise en œuvre de la loi du 11 août dernier, qui interdit le démarchage téléphonique sans consentement, les Français continuent de recevoir des appels non sollicités. Un paradoxe qui remet en question l’efficacité de cette législation.
Ce qui s’est passé
La nouvelle loi stipule que les professionnels ne peuvent plus contacter un particulier par téléphone sans avoir obtenu un consentement documenté. En théorie, cela devrait mettre un terme aux appels intrusifs. Cependant, les témoignages affluent sur les réseaux sociaux, révélant que le démarchage téléphonique est non seulement toujours présent, mais en augmentation. Des utilisateurs rapportent des appels incessants, souvent de sociétés fictives, et des signalements sur SignalConso ont bondi à 16 000 entre le 11 août et le 11 septembre, soit le double de la moyenne précédente.
Le contexte
La loi visait à protéger les consommateurs des démarchages abusifs. Pourtant, les plateformes d’appels basées à l’étranger, qui usurpent des numéros français, échappent à cette législation. Ces entreprises, souvent hors du territoire national, continuent d’opérer sans crainte de sanctions. En outre, l’automatisation par intelligence artificielle facilite la réalisation de milliers d’appels à moindre coût, rendant la lutte contre ces pratiques d’autant plus complexe.
Les chiffres à retenir
- 16 000 signalements de démarchage téléphonique entre le 11 août et le 11 septembre 2023.
- Amende jusqu’à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale en cas de démarchage illicite.
Ce que cela révèle
La situation actuelle souligne un échec manifeste de la réglementation. Les promesses d’une protection renforcée des consommateurs semblent se heurter à la réalité des pratiques commerciales. Paradoxalement, alors que l’État cherche à encadrer le démarchage, les véritables coupables, souvent des escrocs, continuent de prospérer. La fin de Bloctel, qui avait pour but de réguler ces abus, n’aura donc pas eu l’effet escompté. Dans ce contexte, la loi apparaît comme un simple coup de communication, une façade législative qui ne parvient pas à masquer l’impuissance face à la réalité du marché.
Ce qu’il faut retenir
La loi du 11 août n’a pas mis fin aux appels de démarchage téléphonique. Au contraire, elle semble avoir aggravé la situation. Les consommateurs, pris au piège entre des promesses législatives et des pratiques illégales, continuent d’être la cible de démarchages abusifs. Une réalité qui appelle à une réflexion plus profonde sur l’efficacité des lois en matière de protection des consommateurs.
Sources : iPhon.fr, Franceinfo.
