
Déforestation, tourisme… Ces facteurs environnementaux qui boostent l’hantavirus
Granadilla de Abona, Ténérife (Canaries) – L’hantavirus Andes, responsable de la mort de trois passagers à bord du bateau de croisière MV Hondius, soulève des inquiétudes quant à un potentiel risque pandémique. Ce virus, comme d’autres hantavirus, entraîne des zoonoses, des maladies transmises de l’animal à l’homme.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que la majorité des épidémies actuelles sont d’origine zoonotique, et souligne que les risques de zoonoses sont étroitement liés aux activités humaines. Le virus des Andes est le seul hantavirus pour lequel une transmission interhumaine a été confirmée, ce qui le rend particulièrement préoccupant. Chaque année, des centaines de milliers de personnes sont infectées par des hantavirus dans le monde, avec environ une centaine de cas en France selon Guillaume Castel, du Centre de biologie pour la gestion des populations à l’Inrae.
Perte de la biodiversité
Chaque hantavirus est associé à une espèce de rongeur, principal réservoir du virus. Par exemple, le rat pygmée de rizière est lié au virus des Andes, tandis que le campagnol roussâtre est associé à l’hantavirus de Puumala, présent en France. L’écologie de ces rongeurs et les pratiques humaines déterminent le risque d’exposition au virus. La déforestation, l’urbanisation et l’agriculture favorisent la survie des rongeurs opportunistes, qui prospèrent dans les environnements modifiés par l’homme.
La déforestation entraîne une perte de biodiversité, ce qui augmente la circulation des hantavirus. Une étude de 2010 a montré que les rongeurs porteurs de hantavirus étaient plus nombreux dans les zones déforestées. La biodiversité joue un rôle crucial dans la transmission des maladies, en limitant les contacts entre animaux hôtes.
Tourisme de nature
Les activités humaines, notamment le tourisme de nature, augmentent les risques de propagation des hantavirus. Les interactions avec la faune sauvage exposent les touristes à des risques sanitaires. Le patient zéro du MV Hondius, un Néerlandais de 70 ans, aurait été contaminé lors d’une excursion ornithologique près d’Ushuaïa, en Argentine.
En France, les cas de contamination sont principalement observés dans les forêts des Vosges et du Jura, touchant principalement des travailleurs forestiers, des chasseurs et des promeneurs. Les contaminations sont concentrées dans le quart nord-est du pays, où l’hantavirus de Puumala circule.
Pour réduire les risques d’exposition, les chercheurs appellent à une réflexion sur nos pratiques auprès de la faune sauvage, soulignant l’importance d’une cohabitation respectueuse avec les espèces animales.
Source : Reporterre, 13 mai 2026.



