Décarbonation industrielle : Thierry Vincent présente des stratégies pour les entreprises.
L’électrification industrielle en Europe : un potentiel à exploiter
L’industrie européenne possède déjà une partie des technologies nécessaires pour électrifier ses procédés. Parmi celles-ci, on trouve des pompes à chaleur industrielles, des chaudières électriques, des fours électriques, ainsi que des solutions de récupération de chaleur, de stockage, de pilotage numérique et de flexibilité.
Selon une étude menée par EDF et EY-Parthenon, près de 80 % des usages thermiques industriels pourraient être électrifiables d’ici 2035. Ce potentiel est d’autant plus significatif que les procédés thermiques représentent une part importante des émissions industrielles.
Cependant, l’électrification ne se limite pas à un simple remplacement d’énergie. Elle nécessite une réévaluation du fonctionnement énergétique des entreprises et des territoires industriels. Pour en tirer des bénéfices économiques et environnementaux, l’électricité doit être décarbonée, compétitive et disponible au moment opportun pour les entreprises. Cela requiert une accélération du développement des réseaux, une facilitation des raccordements, un renforcement des capacités de stockage et le développement de la flexibilité de la demande.
Le rapport sur la compétitivité européenne met en lumière un point crucial : la décarbonation ne garantit pas nécessairement une baisse des prix pour les consommateurs. Bien qu’elle puisse réduire la dépendance aux énergies fossiles et favoriser des sources d’énergie propres, il est essentiel que les bénéfices de cette transformation soient effectivement transmis aux entreprises et aux consommateurs. Sans cela, le coût de l’énergie continuera d’affecter la croissance européenne.
L’électrification représente donc à la fois une réponse aux enjeux climatiques et une transformation systémique. Elle nécessite des infrastructures, des investissements et de nouvelles capacités de gestion de l’énergie. Pour devenir un moteur de compétitivité, elle doit bénéficier à l’ensemble du tissu productif.
Source : Thierry Vincent, Devinci Executive Education.
