Le « journaliste indépendant » et prétendument libéral Rafaël Amselem s’est permis d’accuser David Lisnard de vouloir s’allier avec les « pires réactionnaires ». Le président de Nouvelle Energie, homme politique indépendant et vraiment libéral, n’a pas apprécié. A juste titre.
Table Of Content
- David Lisnard est partisan d’une grande primaire
- David Lisnard, l’allié des « pires réactionnaires » ?
- Massacre à la tronçonneuse du libéralisme
- Le RN prend les libéraux pour des gogos
- Ce qui se passe réellement
- Pourquoi cela dérange
- Ce que cela implique concrètement
- Lecture satirique
- Effet miroir international
- À quoi s’attendre
- Sources
Dans notre dernière chronique, nous nous interrogions : l’union des droites est-elle souhaitable ? Cette chronique faisait elle-même suite à une autre, plus ancienne, sur l’opportunité, ou non, pour les libéraux d’entrer dans une « union des droites ». Nous poursuivons notre réflexion en nous demandant si les libéraux sont solubles dans le Rassemblement National et Reconquête ! – en laissant de côté l’inimitié entre les dirigeants de ces deux partis. En effet, une petite musique lancinante voudrait que, au nom de l’efficacité, les petites troupes libérales rejoignent les grandes troupes du RN. Plus encore, d’aucuns n’hésitent pas à penser qu’il existerait une porosité entre leurs idées, si bien qu’un rapprochement ne se ferait pas simplement sur le mode utilitariste, mais en vertu d’un certain nombre d’affinités. Telle est la toile de fond d’un débat sur le libéralisme dont L’Express s’est fait l’écho.
David Lisnard est partisan d’une grande primaire
Le chef de file des libéraux, David Lisnard, plaide pour une large primaire à droite et au centre afin de désigner un candidat qui puisse éviter un second tour cataclysmique entre le représentant du RN et Jean-Luc Mélenchon lors de la prochaine élection présidentielle. Compte tenu de la nouvelle orientation de Reconquête – critiques de son président Eric Zemmour envers le programme économique et social du RN qualifié de « socialiste », montée en puissance de Sarah Knafo, dont certaines sorties à tonalité libérale ont agréablement surpris – le maire de Cannes et président de Nouvelle Energie a parlé d’une primaire de l’UDI à Sarah Knafo (France Inter, 29 octobre 2025), avant de laisser entendre le 25 mars qu’il quitterait les Républicains, puis de claquer la porte des LR le 31 mars en réitérant auprès de Sarah Knafo son souhait d’une primaire du centre droit. D’ailleurs, Eric Zemmour s’est rallié le 5 avril sur BFM à l’idée d’une primaire à droite, mais… sans le centre.
David Lisnard, l’allié des « pires réactionnaires » ?
Il n’en fallait pas plus à un journaliste présenté comme libéral et « indépendant », Rafaël Amselem, pour s’insurger : « Contre quelques baisses d’impôts, David Lisnard est prêt à s’allier avec les pires réactionnaires ». Le président de l’Association des maires de France lui a immédiatement et vertement rétorqué que le libéralisme n’était pas une « posture » et que le fait de défendre une primaire, c’est-à-dire une procédure de sélection, ne revenait pas à partager les convictions des autres candidats, c’est-à-dire leur programme.
C’était sans doute faire beaucoup d’honneur à ce journaliste prétendument libéral et surtout « indépendant » des opinions libérales, que de lui répondre. Mais nous ajouterons que l’entretien donné à L’Express est symptomatique de la crasse ignorance française en matière de libéralisme.
Massacre à la tronçonneuse du libéralisme
Rafaël Amselem n’hésite pas à convoquer à plusieurs reprises le juriste et philosophe allemand Carl Schmitt au soutien de son argumentation. Certes, Schmitt a été l’un des plus grands publicistes de son temps. Néanmoins, son nazisme, son antisémitisme de tous les instants et, bien évidemment, son antilibéralisme pathologique incitent à une certaine réserve, pour ne pas dire une réserve certaine… Rappelons que sa thèse la plus connue est celle du principe ami-ennemi, qui serait la caractéristique du politique. Rappelons aussi que ce que les libéraux autrichiens, Ludwig von Mises puis son élève Friedrich Hayek, ont appelé la « catallaxie », est directement contraire à ce principe, puisqu’il s’agit étymologiquement de faire d’un ennemi un ami.
Mais surtout, avec ses gros sabots, notre « journaliste indépendant » ne vise pas tant à souligner qu’il serait « honteux » que David Lisnard envisage une primaire commune avec Reconquête, qu’à détruire la notion même de libéralisme. Il rejette le libéralisme dit « propriétariste » au nom de l’État providence. En clair, il s’agit de défendre un libéralisme social ou un socialisme libéral. Autrement dit, c’est un massacre à la tronçonneuse du libéralisme et nos lecteurs auront compris que la tronçonneuse n’était pas argentine…
Il faut élargir le débat au RN. Rafaël Amselem prétend que ce qui rendrait possible « l’union des droites », ce serait ce « propriétarisme », vu comme le facteur déterminant de rapprochement entre familles politiques antagonistes, les conservateurs, les libéraux et les réactionnaires. Or, les conservateurs au pouvoir n’ont pas défendu le droit de propriété ; ils ne le mentionnent guère et il ne s’agit même plus d’un élément de leur programme électoral depuis des décennies. Quant au RN, on ne voit pas en quoi il s’intéresserait de manière générale à une « propriété mise à mal », sauf à soutenir une exonération de la résidence principale de l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière.
Le RN prend les libéraux pour des gogos
Rafaël Amselem considère le « débat interne » du RN entre une ligne « populiste et sociale », celle de Marine Le Pen, et une ligne « plus libérale », celle de Jordan Bardella, comme une manifestation du débat autour de « l’union des droites ». Mais il ne lui vient pas à l’esprit que cette dichotomie pourrait être plus tactique que réelle. Le président du RN n’a-t-il pas répété qu’il partageait exactement les mêmes idées que celles de la candidate à l’élection présidentielle ? Sébastien Chenu, le vice-président du RN, ne le confirmait-il pas encore il y a quelques semaines (Grand Jury RTL, 8 février 2026) ? Que les individus ne soient pas interchangeables est une évidence pour les libéraux – mais sans doute pas pour les extrémistes de droite… C’est vraiment prendre les libéraux pour des gogos que de laisser entendre que le RN serait perméable à leurs idées. Nous parlions du « baiser de la mort » dans notre dernière chronique. C’est bien ce dont il s’agit de la part de ceux qui tentent par tous les moyens de trouver des voix en vue du second tour de l’élection présidentielle afin de briser le « plafond de verre » auquel le RN se heurte…
David Lisnard : L’allié des « pires réactionnaires » ? Une accusation à la limite du risible
Rafaël Amselem, le « journaliste indépendant » qui se prend pour un libéral, accuse David Lisnard de vouloir s’allier avec les « pires réactionnaires ». Une accusation qui mérite d’être décortiquée.
Dans un monde où la politique se transforme en un véritable cirque, l’accusation de Rafaël Amselem contre David Lisnard est un numéro de jonglage particulièrement malhabile. Lisnard, président de Nouvelle Énergie et fervent défenseur d’une primaire à droite, se retrouve soudainement catalogué comme un complice des pires extrémistes. Mais qu’est-ce qui se cache derrière cette diatribe ?
Ce qui se passe réellement
David Lisnard, en plaidant pour une large primaire à droite et au centre, espère éviter un second tour désastreux entre le représentant du Rassemblement National (RN) et Jean-Luc Mélenchon lors de la prochaine élection présidentielle. Sa démarche, loin d’être une trahison, est une tentative de rassembler les forces libérales pour contrer des idéologies qu’il juge dangereuses. Pourtant, Amselem ne voit que la surface : « Contre quelques baisses d’impôts, David Lisnard est prêt à s’allier avec les pires réactionnaires », s’insurge-t-il.
Pourquoi cela dérange
Amselem semble ignorer que défendre une primaire ne signifie pas partager les convictions des autres candidats. En qualifiant Lisnard de réactionnaire, il fait preuve d’une méconnaissance crasse des principes libéraux. Ce n’est pas tant la défense d’une primaire qui pose problème, mais la volonté de réduire le libéralisme à une posture idéologique figée.
Ce que cela implique concrètement
Cette accusation a des conséquences directes : elle alimente la division au sein de la droite et renforce les stéréotypes sur les libéraux. En tentant de disqualifier Lisnard, Amselem ne fait que renforcer les lignes de fracture entre les différentes tendances politiques. En réalité, c’est le libéralisme qui est mis à mal, non par Lisnard, mais par ceux qui refusent de voir la nécessité d’un front uni contre l’extrême gauche et l’extrême droite.
Lecture satirique
Il est ironique de voir un journaliste se prétendant libéral, comme Amselem, utiliser des arguments qui rappellent davantage les tactiques de la gauche radicale. En effet, accuser Lisnard de vouloir s’allier avec des réactionnaires, c’est comme dire qu’un pompier est complice des incendiaires parce qu’il veut éteindre le feu. La contradiction est flagrante : défendre le libéralisme tout en rejetant la collaboration avec d’autres courants politiques, c’est un peu comme vouloir naviguer sans vent.
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, où des journalistes et des intellectuels se laissent emporter par des idéologies simplistes. Aux États-Unis, par exemple, le débat autour des alliances politiques est souvent teinté de méfiance et de caricature. Il est temps de se rappeler que le libéralisme, loin d’être une posture, est une philosophie politique qui nécessite dialogue et compromis.
À quoi s’attendre
Si cette tendance à l’accusation infondée se poursuit, nous pourrions assister à une fragmentation encore plus grande de la droite. Les libéraux, au lieu de se rassembler, pourraient se retrouver isolés, affaiblissant ainsi leur capacité à s’opposer efficacement aux forces extrêmes. L’avenir politique de la France dépendra de la capacité des libéraux à naviguer dans ces eaux troubles sans se laisser entraîner par des accusations sans fondement.
Sources



