Des populations exposées à un risque accru d’infection au SARS-CoV-2
Les mesures de protection collectives, telles que le confinement et les couvre-feux, ont des conséquences particulièrement sensibles pour les populations les plus précaires. Ces mesures peuvent aggraver leur santé physique et mentale, ainsi que provoquer des stress alimentaires, économiques et sociaux sur des situations préexistantes déjà préoccupantes.
Table des matières
Pour répondre aux besoins spécifiques de ces populations, Santé publique France a proposé une démarche de mobilisation des connaissances sur les stratégies de lutte contre la COVID-19. L’objectif est de partager les stratégies efficaces mises en place à l’étranger, les résultats des travaux de recherche en France, ainsi que les expériences des acteurs de terrain et les actions des décideurs à différents niveaux territoriaux.
L’objectif est de partager et de définir collectivement les enjeux à venir auprès de ces populations et de guider la mise en œuvre de bonnes pratiques d’action, de prévention et de promotion de la santé.
Principaux enseignements pour un meilleur accompagnement des publics les plus précaires
Les travaux ont souligné la nécessité d’une stratégie de dépistage systématique de la COVID-19 par TROD pour les populations en situation de précarité. De plus, les besoins fondamentaux, tels que l’accès à l’eau, à la nourriture et à l’hygiène, ainsi que les besoins concernant l’accès au numérique, à l’enseignement, aux soins et à une meilleure prise en charge en santé mentale, se sont accrus ou ont été plus difficilement couverts.
Les modalités d’hébergement et d’isolement ont soulevé des questions éthiques et juridiques, mises en lumière par les témoignages des acteurs. De plus, la question sécuritaire a entravé le travail social et la démarche de l’« aller vers » ces populations.
Le lien entre le secteur social et celui de la santé, notamment à travers les innovations des équipes mobiles, doit être consolidé et pérennisé. L’orientation de ces populations vers des dispositifs de droit commun, en situation de crise, était insuffisante pour une prise en charge optimale.
Ce travail a également mis en évidence l’accompagnement nécessaire des professionnels de terrain à long terme. Des outils adaptés, valorisant les capacités d’adaptation des individus, ainsi que le développement d’interventions appropriées, doivent être co-construits avec l’ensemble des acteurs.
Enfin, l’application du programme de vaccination inclut cette démarche pour prendre en compte les risques, besoins et contextes spécifiques à ces populations. Elle doit associer étroitement les acteurs intervenant auprès d’elles et s’appuyer sur une meilleure connaissance des attitudes et comportements des publics concernés.
Une démarche destinée à devenir pérenne
Santé publique France a déjà engagé une réédition de cet exercice pour s’adapter à l’évolution de la crise sanitaire, sociale et économique. Ce travail a permis de mettre en lumière l’efficacité des nouvelles collaborations et initiatives qui sortent des cadres institutionnels habituels, tout en soulignant leur fragilité sur le long terme. Les attentes des parties prenantes dans le cadre de l’épidémie actuelle et des crises à venir sont fortes. Il est désormais crucial de décrire comment ces expériences pourraient servir de base à des innovations institutionnelles et/ou professionnelles durables pour répondre aux besoins exacerbés par cette crise sans précédent.
Source : Santé publique France






