Coût du travail : la fronde justifiée du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire

Coût du travail : la fronde justifiée du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire

Les entreprises françaises tirent la sonnette d’alarme. Le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (METI) a émis, le 12 mai 2026, une alerte sur le coût du travail dans l’Hexagone, dénonçant le poids des charges fiscales qui pèsent sur elles, en particulier sur les ETI industrielles. Cette pression est accentuée par la menace d’une réduction des allègements de cotisations sociales de 1,5 milliard d’euros, s’ajoutant à la revalorisation récente du SMIC.

Le METI souligne qu’entre 1,4 et 2,5 SMIC, les prélèvements sur le travail dépassent de six points ceux des grandes économies voisines. Cet écart atteint onze points entre 2,5 et 3,5 SMIC, et quinze points à quatre SMIC. Les dispositifs d’allègements de cotisations sociales, principalement axés sur les bas salaires, ne suffisent pas à atténuer cette problématique.

Une ETI industrielle type, comptant 660 salariés et générant 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, a subi depuis 2024 une augmentation de son coût du travail d’environ 370 000 euros par an. Une nouvelle réduction des allègements pourrait accroître cette charge de 170 000 euros supplémentaires, portant l’impact total à près de 540 000 euros annuels. Pour l’ensemble des ETI françaises, le surcoût pourrait dépasser 1,4 milliard d’euros par an.

Ces chiffres soulignent les difficultés croissantes du tissu économique français. En effet, le coût du travail progresse plus rapidement que les salaires. Selon les données du quatrième trimestre 2025, les salaires horaires ont augmenté de 1,7 % sur un an, tandis que le coût horaire du travail a crû de 2,5 %. Sur deux ans, le salaire horaire s’élève à environ 122,63 à la fin de 2025, contre 126,98 pour le coût horaire du travail, ce qui représente une progression de près de 19 % plus rapide pour ce dernier.

Les marges des entreprises se réduisent, et le ralentissement des embauches est notable, les ETI industrielles étant particulièrement touchées. Le METI indique qu’au premier trimestre 2026, les créations nettes d’emplois dans ces entreprises ont chuté de 32 %, tandis que l’industrie affichait un solde négatif.

La pression fiscale et réglementaire ne semble pas prête à diminuer, et les entreprises se trouvent dans une lutte quotidienne face à un environnement jugé hostile. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la durabilité du modèle économique français et à la capacité des entreprises à continuer de créer de la richesse.

Source : METI, INSEE.

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