
Coupe du Monde 2026 : La chaleur extrême menace la santé des joueurs et des spectateurs
Le 13 mai, un mois avant le début de la Coupe du monde de football, 21 scientifiques ont adressé une lettre ouverte à la FIFA pour alerter sur les risques liés aux « chaleurs extrêmes » attendues en Amérique du Nord. Selon eux, les « niveaux inquiétants de stress thermique » auxquels les joueurs pourraient être exposés ont été minimisés par l’organisateur. Ils soulignent que très peu d’études ont été menées sur l’impact du stress thermique sur les athlètes et que les directives officielles n’ont pas été mises à jour depuis 2015, ne tenant pas compte des nouvelles conditions météorologiques dues au réchauffement climatique.
La compétition, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet dans 16 villes du Canada, des États-Unis et du Mexique, risque de se dérouler dans des conditions climatiques dangereuses. Une étude du World Weather Attribution (WWA), publiée le 14 mai, indique qu’un tiers des 104 matchs programmés pourraient être affectés par des conditions de chaleur et d’humidité élevées.
Les scientifiques ont évalué l’historique des températures, de l’humidité et de l’ensoleillement pour établir un indice de chaleur humide (Wet Bulb Globe Temperature, WBGT). Un seuil d’alerte a été fixé à 26 °C WBGT, correspondant à une chaleur ressentie de 36 à 38 °C en cas d’air sec, et de 28 à 30 °C en cas d’humidité élevée. Il est probable que ce seuil soit dépassé pour 26 matchs.
Les matchs de l’équipe de France, notamment celui contre le Sénégal à New York le 16 juin, présentent un risque de chaleur excessive. Le coup d’envoi est prévu à 15 heures, heure locale, avec une chance sur huit que les conditions soient dangereuses. La situation est similaire pour le match contre l’Irak le 22 juin à Philadelphie, prévu à 17 heures.
Cinq matchs pourraient même être disputés avec un WBGT de 28 °C, équivalant à environ 38 °C ressentis en chaleur sèche. Le risque de pathologies graves liées à la chaleur devient préoccupant au-delà de ce seuil, tant pour les joueurs que pour les spectateurs présents dans les stades.
Face à ces alertes, la FIFA a pris peu de mesures, se contentant de quelques matchs décalés en soirée et de pauses fraîches de trois minutes. Les scientifiques estiment que ces pauses sont insuffisantes pour permettre une réhydratation adéquate et devraient durer au moins six minutes.
L’étude du WWA souligne que ces conditions climatiques sont directement liées aux conséquences du dérèglement climatique. Comparée à 1994, la probabilité d’épisodes de chaleur a considérablement augmenté, avec cinq matchs de plus classés à risque en 2026. Les experts concluent que, sans mesures d’adaptation substantielles, l’organisation de matchs durant l’été dans l’hémisphère nord deviendra de plus en plus dangereuse.
Cette Coupe du monde pourrait également être perturbée par des orages violents, un autre effet du changement climatique. Les scientifiques insistent sur le fait que cet événement devrait servir de prise de conscience concernant les impacts du dérèglement climatique.
Source : World Weather Attribution





