Corée du Sud : l’avortement bientôt régulé, mais les promesses des anti-avortements s’effacent !
Le fait principal
En Corée du Sud, l’avortement pourrait enfin sortir de son vide juridique. La Première ministre, Han Seong-sook, a annoncé le 16 septembre son intention d’autoriser la mifépristone (RU 486) d’ici au premier trimestre 2027, une décision qui pourrait transformer le paysage des droits reproductifs dans le pays.
Ce qui s’est passé
Depuis 2019, la Corée du Sud est dans une zone grise concernant l’avortement, suite à une décision de la Cour constitutionnelle déclarant les lois pénalisant l’IVG contraires à la Constitution. Pourtant, jusqu’à présent, les femmes n’avaient pas accès à une prescription légale pour la mifépristone, les contraignant à se tourner vers des voies illégales et potentiellement dangereuses. L’annonce de la Première ministre marque un tournant, avec la promesse que le médicament sera d’abord disponible dans les hôpitaux, avant une éventuelle extension aux médecins et pharmacies.
Le contexte
La mifépristone, introduite pour la première fois en France en 1988, est déjà accessible dans 101 pays. En Corée du Sud, son absence sur le marché a conduit à des situations alarmantes pour les femmes, qui risquent de se procurer des produits contrefaits ou périmés. Ce contexte met en lumière une lutte de longue date pour les droits des femmes dans un pays où les normes sociales restent rigides.
Les chiffres à retenir
– 101 pays utilisent déjà la mifépristone.– Depuis 2019, les femmes en Corée du Sud n’ont pas pu obtenir légalement une prescription.– La mifépristone sera initialement délivrée uniquement dans les hôpitaux jusqu’à neuf semaines de grossesse.
Ce que cela révèle
L’annonce de Han Seong-sook soulève des questions sur les véritables motivations de ce changement. Est-ce un réel progrès ou une tentative de redorer l’image du gouvernement face aux critiques ? Ce retournement de situation pourrait bien être perçu comme une réponse tardive aux demandes croissantes de la société civile pour des droits reproductifs plus larges. Pendant ce temps, les discours politiques sur la protection des femmes semblent se heurter à la réalité des pratiques encore largement restrictives.
Ce qu’il faut retenir
La Corée du Sud est à un tournant crucial dans la reconnaissance des droits reproductifs. Si l’annonce de la Première ministre est prometteuse, elle doit être suivie d’actions concrètes pour garantir un accès sûr et légal à l’avortement. La vigilance des militants et des citoyennes sera essentielle pour s’asr que cette promesse ne reste pas lettre morte.
Sources : Kyunghyang Shinmun, Yonhap.
