Corps électoral provincial : le Congrès favorable à l’intégration des natifs

Corps électoral provincial : le Congrès favorable à l’intégration des natifs

Le Congrès de Nouvelle-Calédonie a adopté, ce lundi 18 mai, une proposition de loi organique visant à intégrer les natifs inscrits sur la liste électorale générale au corps électoral spécial provincial. Après plus de quatre heures de débats parfois tendus, le texte a été voté par 25 voix pour, 14 contre et 13 abstentions. Les groupes ayant voté pour incluent l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), hors des groupes Calédonie ensemble et Éveil océanien, ainsi que le Rassemblement.

Cette mesure concerne 10 575 électeurs nés en Nouvelle-Calédonie qui ne peuvent actuellement pas voter aux élections provinciales. Elle est soutenue par une majorité des groupes non indépendantistes ainsi que par l’UNI. Virginie Ruffenach, présidente du groupe Rassemblement, a souligné l’inadéquation d’un système qui empêche les natifs de choisir leurs représentants locaux.

Profondes divergences

Malgré ce consensus sur l’intégration des natifs, des divergences profondes émergent concernant l’avenir de cette réforme. Les Loyalistes et le Rassemblement plaident pour l’inclusion des conjoints de citoyens calédoniens, une proposition qui pourrait être soumise au Parlement par le gouvernement de Sébastien Lecornu. Virginie Ruffenach a averti que ce sujet pourrait diviser davantage les familles calédoniennes, évoquant des scénarios où des enfants auraient le droit de voter sans que leurs parents, conjoints de citoyens, le puissent.

Les groupes indépendantistes, quant à eux, adoptent une position plus réservée. L’UNI soutient l’intégration des natifs, mais appelle à une approche progressive. Jean-Pierre Djaïwé, président de l’UNI, a plaidé pour un rapprochement avant les discussions institutionnelles futures.

« Non, pas maintenant »

Le groupe UC-FLNKS et Nationalistes a voté contre le texte. Pierre-Chanel Tutugoro, président du groupe, a affirmé que le corps électoral est un pilier fondamental du processus de décolonisation et ne peut être modifié à quelques semaines des élections sans un accord politique plus large.

Les débats ont également soulevé des questions sur la rédaction du texte, notamment sur la référence au « tableau annexe », jugée ambiguë. Un amendement de clarification sera proposé au Sénat pour mieux cibler les natifs inscrits sur la liste électorale générale.

Deux amendements présentés par Milakulo Tukumuli ont été examinés : l’un, adopté, vise à faciliter la réinscription d’électeurs radiés depuis 2018, et l’autre, rejeté, proposait le rétablissement de bureaux de vote supprimés dans le Grand Nouméa après les émeutes de 2024.

Le Sénat doit examiner ce texte dans la nuit du lundi au mardi, avec un passage prévu à l’Assemblée nationale le 20 mai.

Source : LNC

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