À Trélou-sur-Marne dans l’Aisne, une famille de viticulteurs bio a fait appel à Hectarea pour conserver l’utilisation de ses terres qui étaient vouées à être vendues. L’entreprise met en relation des investisseurs particuliers et des projets agricoles.

La Quotidienne Société

De la vie quotidienne aux grands enjeux, recevez tous les jours les sujets qui font la société locale, comme la justice, l’éducation, la santé et la famille.

France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter « La Quotidienne Société ». Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Dans la famille Mondet, on est vignerons de père en fils depuis 4 générations à Trélou-sur-Marne dans l’Aisne. Sur cinq hectares de parcelles, ils fabriquent du champagne bio. Cependant, l’année dernière, alors que cette famille viticole ne possède pas la totalité de son exploitation, des propriétaires ont décidé de vendre leurs parcelles.

Pour racheter ces parcelles, il fallait réunir une somme conséquente. Le prix de l’hectare s’élevant à un million d’euros, il était impossible pour Benoit Mondet, fils de la famille et vigneron, de financer cet achat. Les banques n’ont pas non plus été un soutien pour ce type de projet.

Face à cette situation, la famille a décidé de solliciter Hectarea, une plateforme qui met en relation des investisseurs particuliers avec des projets agricoles. Le projet de la famille Mondet a alors été retenu, leur permettant de faire appel aux investisseurs.

Se séparer de leurs vignes aurait été un crève-cœur pour la famille, menaçant directement leur rentabilité. Selon Florent Mondet, pour être économiquement viable dans le secteur du champagne, il est crucial de produire un volume suffisant de bouteilles.

Si on n’avait pas d’investisseurs en face pour acheter justement ces vignes-là, dans les trois à cinq ans, on aurait perdu les parcelles en question.

« Quand on peut racheter les terres, on les rachète, mais souvent sur des exploitations comme nous, on les perd. Après, on fait ce qu’on peut, mais s’il n’y a plus d’investissement, il n’y a plus rien. Et puis après, on végète« , confie Florent Mondet.

Grâce au rachat des terres par des particuliers, la famille Mondet peut continuer son activité viticole. Elle verse un fermage à Hectarea, qui redistribue ensuite les fonds aux investisseurs.

On ne s’attendait pas à ce qu’autant de personnes nous rejoignent. Sans eux, on aurait été amputé d’une partie de notre travail.

Sandrine Mondet, vigneronne

Sur l’application d’Hectarea, la famille peut suivre en temps réel le montant investi par les particuliers. Sandrine Mondet exprime son enthousiasme : « On peut suivre en direct le nombre d’investisseurs qui ont rejoint notre aventure, c’est incroyable. On arrive à un peu plus de 174 000 euros de financements et on est à 129 investisseurs.« 

Pour Hectarea, start-up girondine fondée en 2022, l’objectif est de répondre aux défis du monde agricole. L’acquisition de terres cultivables constitue souvent un obstacle majeur pour les agriculteurs, notamment ceux qui souhaitent s’installer.

Il faut remettre l’agriculture au centre de nos vies. Pour ça, il faut récréer du lien entre les consommateurs et les agriculteurs.

Paul Rodrigues, cofondateur de Hectarea

Fils d’agriculteur, Paul Rodrigues souhaite apporter son aide au monde agricole : « Il y a un vrai sujet sur le coût du métier d’agriculteur pour s’installer et sur les rentabilités des exploitations. On peut agir en tant que consommateur par deux leviers. Le premier, c’est d’aider via son épargne en finançant leurs terres. Le deuxième levier, c’est la consommation.« 

De son côté, l’entreprise se finance en prélevant des commissions sur chaque montant investi, en plus de frais fixes liés au montage du projet.

Lancé en décembre 2025, le projet de la famille Mondet, chiffré à 278 000 euros, pourrait être finalisé dans les prochaines semaines, une étape cruciale pour leur activité, qui se chiffre à 5 000 bouteilles par an.

Avec Corentine Sellie / FTV

Source : france3-regions.franceinfo.fr
Partager ici :