Colombie : Les drones, nouvel outil de paix ou jouet des seigneurs de guerre ?
Le fait principal
Les drones, utilisés comme armes par des groupes armés en Colombie, marquent une nouvelle étape dans l’escalade de la violence, notamment dans la région du Catatumbo, où des attaques récentes ont causé des pertes humaines civiles et militaires.
Ce qui s’est passé
Une vidéo diffusée en mars 2025 montre un obus de mortier tombant du ciel dans le Catatumbo, une zone de conflits entre l’Armée de libération nationale (ELN) et le Front 33, un groupe dissident des Farc. Ce type d’attaque, de plus en plus courant, met en lumière l’utilisation croissante de drones pour larguer des explosifs sur des cibles au sol.
Le contexte
Le Catatumbo, zone frontalière avec le Venezuela et épicentre de la culture de coca, est le théâtre d’affrontements sanglants. En dépit de l’accord de paix signé en 2016 entre le gouvernement colombien et les Farc, la violence perdure, exacerbée par l’émergence de nouveaux groupes armés. Le président Gustavo Petro, au pouvoir depuis 2022, n’a pas réussi à instaurer la paix, malgré ses ambitions de « paix totale ».
Les chiffres à retenir
- 71 % des communes colombiennes sont menacées par des groupes armés.
- Entre janvier 2024 et mai 2025, au moins six personnes ont été tuées, dont trois civils.
- 92 blessés, répartis entre civils et forces de sécurité, ont été recensés durant la même période.
Ce que cela révèle
La prolifération des drones dans le conflit colombien illustre une adaptation des groupes armés face à la modernité des combats. Camilo Mendoza, consultant en défense, souligne que « le drone est le missile du pauvre », permettant à ces groupes de frapper sans exposer leurs membres. La réponse des autorités, tardive et insuffisante, laisse présager une aggravation des violences, alors même que la protection des civils semble être une préoccupation secondaire.
Ce qu’il faut retenir
La situation en Colombie s’aggrave, avec des drones devenant une arme redoutable dans un conflit qui ne montre aucun signe de désescalade. Les civils, une fois de plus, se retrouvent au cœur de cette violence, victimes collatérales d’une guerre qui semble s’intensifier.
Sources : Les Observateurs de France 24, Camilo Mendoza, Erich Saumeth, Manfred Grautoff.
