
Si les CRS arrivent, on flingue : la colère des viticulteurs des Corbières
Le 4 mars 1976, des viticulteurs bloquent la voie ferrée de Montredon-des-Corbières, dans l’Aude, à 5 km de Narbonne. Cette mobilisation, qui se transforme rapidement en affrontements violents avec les forces de l’ordre, aboutit à une tragédie : la mort d’un CRS, Joël Le Goff, ainsi que celle d’un vigneron, Émile Pouytes. Ce jour-là, la colère des viticulteurs, déjà palpable, atteint son paroxysme.
Les viticulteurs des Corbières, comme d’autres dans le sud de la France, se sentent marginalisés et incompris par les décisions prises par les technocrates à Paris et à Bruxelles. Ils dénoncent un système qui favorise les puissances d’argent au détriment de leur travail et de leur culture. Dans un contexte où leur production est souvent dénigrée, ils expriment leur frustration face à une situation qu’ils jugent injuste.
Les viticulteurs sont convaincus que leur combat ne suscite pas la solidarité qu’il mérite à l’échelle nationale. André Cazes, l’un des dirigeants du Comité d’Action viticole, souligne que cette colère est le résultat d’années de mépris et de décisions imposées sans consultation des intéressés.
La tension entre les viticulteurs et les forces de l’ordre, exacerbée par la situation économique et sociale, laisse présager des conséquences dramatiques pour l’avenir de l’agriculture dans la région. Les événements de ce jour de mars 1976 marquent un tournant dans l’histoire des luttes agricoles en France.
Source : Le Nouvel Observateur




