Coléoptère menacé : les Musées confrontés à des pertes de patrimoine naturel.
Les anthrènes, coléoptères précieux mais menaçants pour le patrimoine muséal
Les anthrènes, minuscules coléoptères fréquemment observés dans le Vaucluse, sont à la fois utiles dans la nature et redoutés dans les musées. À l’approche des Journées européennes du patrimoine, qui se tiendront les 19 et 20 septembre, Joseph Jacquin-Porretaz, conservateur du Muséum Requien à Avignon, met en lumière l’importance de reconnaître ces insectes pour protéger les collections, notamment les papillons, les animaux naturalisés, les plumes et les lainages.
Bien que les anthrènes adultes soient souvent perçus comme inoffensifs, leurs larves peuvent causer des dommages considérables aux spécimens exposés. Joseph Jacquin-Porretaz souligne que la surveillance de ces insectes est cruciale dans les musées, car les dégâts peuvent devenir irréversibles si aucune action n’est entreprise rapidement.
Les anthrènes adultes ment environ la taille d’une tête d’épingle et affichent une carapace ornée de minuscules écailles, donnant lieu à des nuances de noir, de blanc ou de roux fauve. Ils se trouvent souvent sur des fleurs, en quête de pollen, et sont particulièrement visibles lors des périodes de floraison au printemps et à l’automne.
Dans leur rôle écologique, les larves d’anthrènes participent à la décomposition des cadavres en se nourrissant de matières animales, ce qui pose problème dans un contexte muséal. « C’est des animaux utiles », rappelle Joseph, mais dans un musée, leur présence devient problématique.
Un petit amas de poussière au pied d’un insecte naturalisé peut indiquer une infestation. Joseph explique que ce signe discret doit alerter les conservateurs, car il peut signaler la présence de larves. D’autres matières, telles que les tapis ou la laine, peuvent également être ciblées si elles contiennent des résidus animaux.
Pour prévenir les infestations, plusieurs mes de prévention sont recommandées, telles que la surveillance régulière des collections, l’élimination des cadavres d’insectes et l’utilisation d’odeurs puissantes comme l’huile essentielle de lavande pour masquer les odeurs attirant les anthrènes. En cas d’infestation, placer les objets touchés au congélateur peut tuer les larves sans recourir à des produits chimiques.
À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, dont le thème cette année est « Patrimoine en péril », il est essentiel de rappeler que la nature conservée dans les musées peut parfois être menacée par la nature elle-même.
Source : Muséum Requien, Avignon.
