Des catastrophes à long terme : des recherches scientifiques stoppées dès octobre ?

Antibiotiques, matériaux innovants, batteries… Plusieurs directeurs de laboratoires du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) s’alarment de l’impact des baisses de budget continues depuis 2024 sur des projets de recherche cruciaux.

Depuis octobre 2024, le CNRS fait face à des charges obligatoires non compensées par l’État, atteignant plus de 500 millions d’euros. Dans un courrier daté du 24 mars, Antoine Petit, président-directeur général du CNRS, a signalé un budget initial déficitaire de 239 millions d’euros pour 2026, en grande partie dû à des récupérations de subventions. Le gouvernement a également demandé une réduction immédiate des dépenses de 20 millions d’euros.

Michael Deschamps, directeur du laboratoire CEMHTI à Orléans, souligne que sa dotation pour les frais de fonctionnement a chuté de 600 000 à 400 000 euros par an, alors que ses charges incompressibles s’élèvent à 350 000 euros. Cela limite considérablement ses capacités à financer des projets, notamment les voyages de doctorants ou l’achat de matériel.

Les directeurs de laboratoires craignent pour l’avenir de plusieurs projets. Des recherches sur des pneumatiques moins consommateurs d’essence, la substitution de métaux dans les batteries, et le développement de nouveaux antibiotiques pourraient être interrompues dès cet automne. Matthieu Réfrégiers, directeur du CBM, évoque déjà des CDD qui ne pourront pas être prolongés.

Les conséquences sur la recherche française pourraient être graves, avec un risque de perte de compétitivité à l’international. Deschamps avertit que cela pourrait également nuire à l’attractivité de la recherche en France, entraînant une fuite des cerveaux. Le CNRS a reconnu, via l’AFP, qu’il n’est plus en mesure de compenser ces contraintes budgétaires.

Le ministère de l’Enseignement supérieur a quant à lui évalué à 120 millions d’euros le montant des charges non compensées, bien en-deçà des 500 millions avancés par le CNRS. Malgré des promesses de compensation pour certaines dépenses, les économies demandées demeurent.

Le 21 avril, plusieurs directeurs de laboratoires ont signé une tribune dans Libération, dénonçant un déclin de la recherche française, conséquence de baisses budgétaires persistantes.

Source : AFP

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