Chasse au gibier d’eau : quand la sécheresse devient l’alliée des promesses déchues du RN.
La chasse au gibier d’eau : entre tradition et crise environnementale
La chasse au gibier d’eau est sur le point d’ouvrir dans 44 départements, mais cette année, elle suscite une controverse sans précédent. La Ligue de protection des oiseaux (LPO) et plusieurs autres associations environnementales demandent un report de cette activité, arguant que la faune sauvage est déjà éprouvée par la sécheresse et les canicules.
Ce qui s’est passé
Le 21 août 2026, la chasse au gibier d’eau doit officiellement débuter. Toutefois, face à une sécheresse qui touche désormais 77% du territoire français, la LPO appelle le ministre et les préfets à suspendre l’ouverture de cette chasse pour préserver les espèces déjà fragilisées par les conditions climatiques extrêmes. En Sologne, région emblématique de la chasse, les chasseurs, comme Nicolas Manssens, président de l’association des chasseurs de gibiers migrateurs du Cher, voient dans cette demande un prétexte pour interdire leur loisir. Ils affirment que les conditions de cette année sont moins sévères que celles de 2023, et qu’un report serait injustifié.
Le contexte
La France, avec ses 64 espèces d’oiseaux chassables, détient le record en Europe. En comparaison, l’Espagne et l’Italie n’en chassent que 34. Les chasseurs défendent leur pratique en mettant en avant leur rôle dans la préservation des habitats. Cependant, les défenseurs de l’environnement, comme Marie Blondel de Sologne nature environnement, soulignent que la chasse dérange les espèces et que la priorité devrait être de préserver les habitats, non de les exploiter.
Les chiffres à retenir
– 44 départements concernés par l’ouverture de la chasse au gibier d’eau.- 77% du territoire français touché par la sécheresse.- 64 espèces d’oiseaux chassables en France, contre 34 en Espagne et Italie.
Ce que cela révèle
La situation met en lumière une tension croissante entre tradition et conservation. D’un côté, des chasseurs déterminés à maintenir leur loisir, de l’autre, des défenseurs de la nature qui appellent à une prise de conscience face aux crises environnementales. Les déclarations de Willy Gaubert, directeur de la Fédération départementale des chasseurs du Cher, tentent de rasr : « Il y a une vraie attention à ce qu’il se passe ». Pourtant, la réalité semble plus nuancée. Comment concilier un loisir qui semble de plus en plus incompatible avec la préservation de la biodiversité ? La nécessité d’un changement de paradigme s’impose. Comme le souligne Marie Blondel, « notre but, ce n’est pas de préserver les espèces pour qu’elles soient chassées, mais pour qu’elles perdurent ». Une vision qui pourrait bien faire défaut à ceux qui préfèrent le plaisir immédiat de la chasse à la pérennité des écosystèmes.
Ce qu’il faut retenir
Face à une crise climatique qui ne cesse de s’aggraver, la chasse au gibier d’eau apparaît comme un symbole d’un monde en décalage avec la réalité. Les appels au report de cette activité ne sont pas seulement des revendications environnementales, mais un cri d’alarme sur l’urgence de repenser notre rapport à la nature. Les traditions doivent-elles primer sur la survie des espèces ? La réponse semble de plus en plus évidente, mais la résistance au changement reste forte.
