
Le chef de l’Etat du Burundi, Evariste Ndayishimiye, a été désigné, dimanche 26 avril, sans surprise candidat par le parti au pouvoir pour un nouveau mandat à l’élection présidentielle de 2027, dont il fait d’ores et déjà figure de favori.
Evariste Ndayishimiye, 57 ans, a pris les rênes du Burundi en juin 2020 après la mort de son prédécesseur, Pierre Nkurunziza, qui avait tenu le pays d’une main de fer durant 15 ans. M. Ndayishimiye a montré dans les premiers temps des signes d’ouverture – notamment en libérant des journalistes –, avant d’être accusé de réprimer les voix dissidentes.
A la suite d’un congrès extraordinaire du parti organisé à Gitega, la capitale du Burundi, le chef de l’Etat « a été élu comme candidat du parti » CNDD-FDD pour la présidentielle de 2027, dont la date exacte n’est pas encore connue, a écrit le parti sur le réseau social X.
Le chef de l’Etat, ancien secrétaire général du CNDD-FDD, parti au pouvoir depuis 2005, fait d’ores et déjà figure de grandissime favori pour un nouveau mandat de sept ans.
Il avait été élu lors de la présidentielle de mai 2020, marquée par des accusations de fraudes et après l’invalidation de la candidature de son principal opposant. Depuis son accession au pouvoir, Evariste Ndayishimiye oscille entre signes d’ouverture du régime, qui reste sous l’emprise de puissants généraux, et ferme contrôle du pouvoir, marqué par des atteintes aux droits humains dénoncées par des ONG et l’ONU. Reporters sans frontières classe le Burundi au 125e rang sur 180 en matière de liberté de la presse, affirmant que le parti au pouvoir « fait figure de parti-Etat ne tolérant aucune voix discordante ».
Pays le plus pauvre du monde
Lors des élections législatives, organisées en juin 2025, le CNDD-FDD avait remporté l’intégralité des sièges. L’opposition avait alors dénoncé un scrutin « truqué ». En septembre 2025, des experts indépendants de l’ONU ont dénoncé l’« impunité » dont jouissent les partisans du pouvoir au Burundi, qui multiplient les atteintes graves aux droits humains.
Le Burundi, pays enclavé d’Afrique de la région des Grands lacs d’environ 15 millions d’habitants et ancienne colonie belge indépendante depuis 1963, est selon un classement de la Banque mondiale de 2024, le pays le plus pauvre du monde.
Evariste Ndayishimiye venait d’entrer à l’université du Burundi lorsque la guerre civile éclata en 1993. Il était en deuxième année de droit quand fut perpétré le massacre de dizaines d’étudiants hutu par des extrémistes tutsi en 1995, un épisode dont il réchappa par miracle et qui le convainquit de prendre les armes.
Il fut le principal négociateur du CNDD-FDD lors de la signature en 2003 de l’accord de cessez-le-feu de la guerre civile, qui fit au moins 300 000 morts, et occupa ensuite plusieurs postes de haut niveau au sein du gouvernement, notamment comme ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, s’affirmant alors comme un homme de consensus.
Le Burundi a été secoué par une grave crise politique en 2015 après l’annonce de la candidature à un troisième mandat de Pierre Nkurunziza. La contestation qui avait suivi avait été violemment réprimée. Cette crise a fait au moins 1 200 morts et poussé quelque 400 000 Burundais à l’exil, selon la Cour pénale internationale.
Evariste Ndayishimiye, qui a pris en février la présidence tournante de l’Union africaine, entretient des relations glaciales avec son homologue rwandais Paul Kagame.
Source : Le Monde avec AFP



